frontière https://www.ouvroir.fr/cpe/index.php?id=974 Entrées d’index fr 0 Construction langagière de l’altérité de part et d’autre du fleuve Maroni : frontières, effacements des frontières et mises en frontières https://www.ouvroir.fr/cpe/index.php?id=1154 Alors que la notion de frontière naturelle appliquée aux fleuves est largement utilisée, cette dernière est peu opératoire en contexte amazonien où les mobilités et les communautés linguistiques préexistaient aux établissements des États-nations. La question de l’influence des frontières (étatiques ou perçues par les habitants) sur les pratiques langagières et sur la conception de soi et d’autrui se pose néanmoins. Cet article se penche ainsi sur le rôle des frontières étatiques sur la conception des variétés de langues en présence, en particulier chez les Marrons en Guyane et au Surinam et montre comment, alors que les variations linguistiques indexent généralement des identités ethnoculturelles, on observe, dans un environnement urbain frontalier, un effacement des frontières entre variétés de langue au sein des interactions verbales. L’article montre finalement comment, dans ce contexte, par micro-ajustements, alignements ou désalignements à la parole de l’autre, les pratiques langagières construisent à chaque instant nos rapports aux autres dans la différenciation ou la convergence grâce à des effacements de frontières ou des mises en frontières. While the notion of a natural boundary applied to rivers is widely used, it is not operational in the Amazon context where mobility and linguistic communities pre-existed the creation of nation-states. Nevertheless, the question of the influence of borders (state border or boundaries perceived by the inhabitants) on language practices and on the conception of oneself and others arises. This article looks at the role of state borders in the design of language varieties, in particular among Maroons in French Guiana and Suriname and shows how, while linguistic variations generally index ethno-cultural identities, the boundaries between language varieties are blurred within verbal interactions in a border urban environment. The article finally shows how, in this context, by micro-adjustments, alignments or misalignments to the language of the interlocutor, language practices build up our relationships with others in differentiation or convergence through the erasing or the making of boundaries. Si bien la noción de frontera natural aplicada a los ríos se utiliza ampliamente, esta es poco operativa en un contexto amazónico en el que las movilidades y las comunidades lingüísticas existían previamente en los establecimientos de los Estados-nación. Sin embargo, se plantea la cuestión de la influencia de las fronteras (estatales o percibidas por los habitantes) en las prácticas lingüísticas y en la concepción de uno mismo y de los otros. En este artículo se examina el papel de las fronteras estatales en el diseño de las variedades de lenguas en presencia, en particular entre los cimarrones de Guyana y Surinam, y se muestra cómo, mientras que las variaciones lingüísticas suelen indexar identidades etnoculturales, en un entorno urbano fronterizo se observa una borradura de las fronteras entre variedades de lengua en el seno de las interacciones verbales. Finalmente, el artículo muestra cómo, en este contexto, por microajustes, alineaciones o desalineaciones a la palabra del otro, las prácticas lingüísticas construyen en cada momento nuestras relaciones con los otros en la diferenciación o la convergencia gracias a las borraduras de fronteras o los puestos en frontera. jeu., 28 avril 2022 11:55:13 +0200 lun., 18 mars 2024 10:44:56 +0100 https://www.ouvroir.fr/cpe/index.php?id=1154 Frontières fluviales ou espaces-frontières ? Regards sociologiques https://www.ouvroir.fr/cpe/index.php?id=1124 Cet article interroge d’un point de vue sociologique la notion de frontières fluviales sous l’angle de leur consistance. L’objectif est de restituer les transformations d’un espace d’entre-deux qui tend à produire ses propres affiliations, ses acteurs politiques et économiques, mais également ses scansions et ses identités singulières. Le raisonnement est déplié en trois temps : (1) appréhender le cadre socio-spatial des agglomérations transfrontalières qui prennent place le long des frontières françaises, afin de positionner ce que recouvre la frontière fluviale, notamment en contexte franco-allemand, puis (2) saisir en quoi l’objet frontière permet au sociologue de penser la différence, avant (3) de formuler une proposition d’analyse des dynamiques des espaces-frontières. Plutôt que de s’en tenir à l’opposition binaire du passage et de l’obstacle, la conceptualisation en termes d’espace-frontière tient compte de la matérialité de l’espace, tout en se plaçant dans une dialectique du spatial et du social, où la question des usages apparaît de première importance pour appréhender l’effet-frontière comme production de différences dans la proximité, à la fois subies et recherchées. This paper explores from a sociological perspective the notion of river borders and the question of their consistency. The objective is to describe the way an in-between space transforms over time, producing its own affiliations, political and economic actors, as well as specific landmarks and identities. The development falls into three main parts: (1) the paper gives a socio-spatial definition of the cross-border urban areas along French borders, in order to better situate river borders, more particularly in the case of the Franco-German border; (2) then, it explains in what ways the study of border areas may help sociologists reflect about difference; (3) finally it suggests a framework for analysing border-space dynamics. Thinking in terms of border-space, rather than merely restating the binary opposition passage/barrier, draws attention to the materiality of space and foregrounds the dialectic between the social and the spatial, showing how the issue of the uses of space is of paramount importance in order to understand the border-effect as the production of differences within close proximity. These differences are both sought after and experienced as a burden. Dieser Artikel untersucht aus soziologischer Sicht den Begriff der Flussgrenzen im Hinblick auf ihre sozialen Deutungen. Ziel ist es, die Transformationen eines Zwischenraums zu analysieren, der tendenziell seine eigenen Zugehörigkeiten, seine politischen und wirtschaftlichen Akteure, aber auch seine einzigartigen Spaltungen und Identitäten hervorbringt. Die Argumentation entfaltet sich dreiteilig: sie (1) befasst sich mit der sozio-räumlichen Dynamik der grenzüberschreitenden Agglomerationen entlang der französischen Grenze, um die Position der Flussgrenze zu klären, einschließlich im deutsch-französischen Kontext, versucht dann (2) zu begreifen, wie das Grenzobjekt dem Soziologen erlaubt, den Unterschied zu denken und danach (3) die praktische Dynamik der Grenzräume zu formulieren. Anstatt auf der binären Opposition zwischen Übergang und Hindernis zu beharren, berücksichtigt die Konzeptualisierung des Grenzraums die Wesentlichkeit des Raumes sowie die Dialektik von Räumlichem und Sozialem, wobei die Frage der Verwendungen von primärer Wichtigkeit erscheint, um den Grenzeffekt als Produktion von sowohl erlittenen als auch gewünschten Unterscheidungen in der räumlichen Nähe zu begreifen. jeu., 28 avril 2022 11:55:00 +0200 lun., 06 nov. 2023 15:40:25 +0100 https://www.ouvroir.fr/cpe/index.php?id=1124 Les effets de la frontière sur les pratiques linguistiques dans le Rhin supérieur https://www.ouvroir.fr/cpe/index.php?id=971 Dans cet article nous présentons les objectifs, la méthodologie ainsi que quelques résultats obtenus dans le cadre du projet ANR/DFG « FLARS — Frontière linguistique au Rhin supérieur », dans lequel il s’agissait d’explorer l’émergence d’une nouvelle limite « linguistique », superposée à la frontière étatique, au sein de l’espace dialectal alémanique. Le travail a porté à la fois sur la production linguistique des locuteurs dialectophones de cet espace ainsi que sur leurs représentations sociolinguistiques de cet espace, des variétés linguistiques qui y sont parlées ainsi que de la frontière qui sépare l’Alsace du Pays de Bade. Les premiers résultats montrent effectivement que sur le plan linguistique, les phénomènes de divergence prennent le pas sur les phénomènes de convergence, en raison de la pression des standards nationaux sur les variétés d’alémanique parlées des deux côtés du Rhin. Sur le plan représentationnel, les phénomènes de distanciation et les marques d’altérité semblent également l’emporter sur le sentiment d’appartenance à un espace linguistique commun. This contribution presents the approach, methodological issues, as well as some first results of the Franco-German basic research project « Effects of the national border on the linguistic situation in the Upper Rhine area (FLARS) », that was financially supported by the ANR and the DFG. The project investigates the emergence and the nature of this linguistic border and its interdependence with the political border. On both sides of the Rhine, about 300 informants were asked about the way they speak their Alemannic dialect and about what they think about it, about the people speaking it and about the border region they are living in. A first analysis shows that dialectal features are better preserved on the Alsatian side than of the Baden side. The analysis of the dialect speakers’ sociolinguistic representations reveals that the dialectal/linguistic proximity is not a sufficient condition for evoking a “transnational language” in this region, as other aspects of their lives, lifestyles and identities are considered as different. In diesem Beitrag werden der Forschungsrahmen sowie einige Ergebnisse des von der DFG und der ANR ko-finanzierten Kooperationsprojekts « Auswirkungen der Staatsgrenze auf die Sprachsituation im Oberrheingebiet (FLARS) » vorgestellt. Im Projekt wird untersucht, ob und wie eine „sprachliche“ Grenze entsteht und wie sie mit der politischen Grenze zusammenhängt. Anhand der Varietäten des Alemannischen dies- und jenseits der Grenze wird geprüft, ob sich das historische Dialektkontinuum aufgelöst hat; ebenso werden die grenzbezogenen sprachlichen Ideologien, die Einstellungen zu den beteiligten Sprachformen (représentations sociolinguistiques) und die diesbezüglichen Vorstellungen analysiert. In diesem Zusammenhang wird festgestellt, dass die staatlich-nationale Grenze, mit den dazugehörenden Amtssprachen, die Vorstellungen stark prägt, sowie die Wahl der Wörter, die diese Vorstellungen verbalisieren, sodass die proximus alter-Stellung immer mehr zur alter-Stellung rückt. jeu., 28 avril 2022 10:54:09 +0200 lun., 06 nov. 2023 15:01:42 +0100 https://www.ouvroir.fr/cpe/index.php?id=971