geography https://www.ouvroir.fr/deshima/index.php?id=216 Entrées d’index fr 0 Till Havs! Till Havs! https://www.ouvroir.fr/deshima/index.php?id=210 Pour comprendre l’engouement des Suédois pour les horizons marins, il est bon d’avoir à l’esprit que l’école a joué un rôle primordial dans la présence des mythèmes liés à la mer ; on peut même se demander s’il a existé un agent plus dévoué qu’elle pour encourager, de génération en génération, les vocations maritimes, mais aussi paradoxalement des « désirs du rivage » (Alain Corbin) qu’on rattache aussi à l’esprit scandinave. Publié en Suède en 1868, un manuel se démarque sur le commun des ouvrages d’apprentissage. Destiné aux écoles du petit peuple, il embrasse l’ensemble des savoirs indispensables, à l’exception des mathématiques. Rédigé dans une langue rigoureuse et séduisante émanant des meilleures écrivains du moment (Geijer, Runeberg), et accompagné d’illustrations avenantes, le document, initié par le « département ecclésiastique » (en réalité le « ministère de l’instruction »), a connu un authentique succès. Cet article analyse, dans les différentes éditions de ce livre, les procédés littéraires et iconographiques qui ont permis d’affirmer, non sans arrière-pensées idéologiques « scandinavistes », l’idée d’un peuple dont le destin a aussi partie liée à la mer. Il retrouve, tout au long du manuel scolaire, les diffférents imaginaires que les étendues d’eau engendrent. De la facade Est du pays, où se distingue l’archipel de Stockholm, qui met en évidence une unique « métaphysique du bord de mer » (Pierre Cassou-Noguès), à la côte occidentale, qui présente les lieux comme Göteborg, ou le Bohuslän, une variété de paysages offrent une mosaïque d’histoires. La dernière partie du développement s’attarde sur la présence du motif maritime dans les poèmes présentés aux éléves, où s’incarne la dialectique du désir d’ailleurs et de l’amour de la mère patrie. To understand the Swedes’ enthusiasm for marine horizons, it is good to keep in mind that school played a primordial role in the presence of myths linked to the sea; we can even wonder if there was a more dedicated agent than her to encourage, from generation to generation, maritime vocations, but also paradoxically “desires for the shore” (Alain Corbin) which we also link to the Scandinavian spirit. Published in Sweden in 1868, a manual stands out from the common learning works. Intended for schools for the common people, it covers all essential knowledge, with the exception of mathematics. Written in a rigorous and attractive language emanating from the best writers of the moment (Geijer, Runeberg), and accompanied by attractive illustrations, the document, initiated by the “ecclesiastical department” (in reality the “ministry of education”), enjoyed genuine success. This article analyzes, in the different editions of this book, the literary and iconographic processes which made it possible to assert, not without « Scandinavian » ideological ulterior motives, the idea of people whose destiny is also linked to the sea. He finds, throughout the school textbook, the different imaginations that water surfaces generate. From the eastern facade of the country, where the Stockholm archipelago stands out, which highlights a unique “metaphysics of the seaside” (Pierre Cassou-Noguès), to the western coast, which presents places like Gothenburg, or the Bohuslän, a variety of landscapes offer a mosaic of stories. The last part of the development focuses on the presence of the maritime motif in the poems presented to the students, where the dialectic between the desire for elsewhere and the love of the motherland is embodied. lun., 22 sept. 2025 10:58:48 +0200 mer., 03 déc. 2025 15:39:36 +0100 https://www.ouvroir.fr/deshima/index.php?id=210 La noirceur, un signe de l’imaginaire du Nord https://www.ouvroir.fr/deshima/index.php?id=644 Dans cet article, l’auteur analyse la « noirceur » comme signe dans le contexte de l’imaginaire du Nord, tout en le situant dans le contexte historique de son émergence et de son évolution jusqu’aux emplois contemporains dans un contexte nordique (ici défini de manière large, d’un point de vue circumpolaire). Cette étude prend comme point de départ une méthodologie qui pose le « Nord » comme un espace complexe et pourtant souvent simplifié dans les représentations, composé de réalités physiques, culturelles et sémiologiques, lourdement défini et marqué par les discours extérieurs. L’analyse des tensions et effets du signe de la « noirceur » dans le cadre de l’imaginaire du Nord s’inscrit dans le cadre d’une recherche où l’on tente collectivement de répondre au défi de rendre le Nord « définitoire », même s’il s’agit d’en constater les emprunts à d’autres espaces culturels. La « noirceur » s’inscrit tant dans un système de signes que dans un rapport géographique de la réalité physique basé sur les observations de la luminosité, à la jonction de différents modes d’appréhension du réel. Elle renvoie à des traditions diverses dont l’accumulation des représentations, des discours et des œuvres a fini par la transformer en esthétique et en lieu commun. Enfin, cette noirceur forme avec la blancheur un couple d’opposition et de tension puissant. L’aire d’analyse de la présente étude se compose d’une sélection d’œuvres principalement littéraires, issues des cultures nordiques et d’œuvres qui se situent ou évoquent les mondes nordique et arctique, eux-mêmes délimités par les signes liés à la noirceur, à la lumière et aux phénomènes lumineux définis comme nordiques (aurores boréales, double soleil, etc.). Cette réflexion est ici menée par une volonté de définir les composantes et valeurs associées à la noirceur; de relever les lignes de force et de tension qui sous-tendent le couple sémiotique de la lumière et de la noirceur, qui se trouve au cœur de l’organisation de l’« imaginaire du Nord »; d’évaluer les effets littéraires, identitaires et psychologiques de la noirceur dans les discours; d’examiner l’esthétisation de la noirceur, principalement ici dans les discours et les œuvres littéraires, dans un contexte nordique; de tracer l’histoire de ce signe de la noirceur; enfin de concevoir la noirceur comme un renversement du Nord, qui permet de recomplexifier les représentations qui en sont issues. In this article, the author analyses “darkness” as a symbol in the context of the “imagined North”, while situating it in the historical context of its emergence and its evolution to contemporary applications in a Northern context (here broadly defined, from a circumpolar perspective). This study takes as a starting point a methodology which poses the “North” as a complex space, although often simplified in its representations, comprised of various physical, cultural, and semiotic realities and heavily labelled by external discourse. Analyzing the tensions and effects of the idea of “darkness” within the imagined North is part of a collective research effort to tackle the intellectual challenge of making the North “definable,” even if this involves observing its borrowings from other cultural realms. Darkness falls within a system of signs as well as a geographical relationship to the physical space based on observations of lighting, at the crossroads between different ways of perceiving reality. Darkness also relates to various traditions, whose combined portrayals, narratives, and artworks have turned it into an aesthetic and a trope. Lastly, darkness and light are locked in a powerful dynamic of tension and opposition. The area of analysis for this study thus covers a choice of works stemming from northern cultures and that are located in the Arctic world or evoke the northern realm. These works are themselves delineated by signs related to darkness, light and luminous phenomena defined as Nordic (northern lights, double sun, etc.). This analysis is guided by the intention of defining the components and values associated with darkness; identifying the salient issues and tensions underlying the semiotic couple of darkness and light, which lies at the heart of the structure of the “imagined North”; evaluating the literary, psychological effects of darkness in discourse, as well as those pertaining to identity; examining the aestheticizing of darkness in a northern context; historically mapping the sign of darkness; and finally, viewing darkness as a reversal of the North, which makes it possible to recomplexify its representations. mer., 01 oct. 2025 09:05:55 +0200 mer., 03 déc. 2025 11:24:48 +0100 https://www.ouvroir.fr/deshima/index.php?id=644