L’imaginaire du Nord dans les arts / Nordic Noir https://www.ouvroir.fr/deshima/index.php?id=420 Dans ce nouveau numéro, Deshima propose un double voyage thématique à la découverte de l’imaginaire de l’Europe du Nord. Un premier dossier porte sur la construction de l’imaginaire du Nord dans les arts (musique, danse, poésie, jeux vidéo), montrant comment plusieurs artistes ont tenté d’explorer et de construire un imaginaire à la fois personnel et collectif lié à la fascination pour le Nord. Le deuxième dossier propose une exploration des multiples déclinaisons du Nordic Noir, phénomène culturel de masse, avec l’exemple de plusieurs séries et textes littéraires à succès ou à découvrir de toute urgence. Dans la section des Savants mélanges propose deux contributions invitent à l’exploration de l’œuvre de l’auteur norvégien Jan Erik Vold et de l’écrivaine danoise Tove Ditlevsen. La traduction de la nouvelle Way Baroe de l’auteure néerlandaise Beb Vuyk, complète le numéro. Ce récit inédit permettra au lecteur francophone de se familiariser avec l’œuvre de cette écrivaine, dont les histoires se déroulent essentiellement aux Indes Néerlandaises (l’actuelle Indonésie). Numéros en texte intégral fr mer., 24 sept. 2025 10:00:13 +0200 jeu., 04 déc. 2025 09:51:36 +0100 https://www.ouvroir.fr/deshima/index.php?id=420 0 Première de couverture https://www.ouvroir.fr/deshima/index.php?id=421 mer., 24 sept. 2025 10:04:51 +0200 https://www.ouvroir.fr/deshima/index.php?id=421 Avant-propos https://www.ouvroir.fr/deshima/index.php?id=426 mer., 24 sept. 2025 14:11:41 +0200 https://www.ouvroir.fr/deshima/index.php?id=426 L’aube d’une réflexion ethnographique sur le Grand Nord https://www.ouvroir.fr/deshima/index.php?id=428 Cette contribution analyse les traités de trois auteurs italiens qui ont étudié le Nord et les régions de l’Arctique, notamment Luigi Bossi Visconti (1758-1835), Giuseppe Acerbi (1773-1846) et Francesco Miniscalchi-Erizzo (1811-1875), dont les écrits ont fait l’objet de quelques rares recherches. L’un des traits communs à ces écrivains est qu’ils ne sont jamais étroitement spécialisés : ainsi Luigi Bossi Visconti est un traducteur ; Giuseppe Acerbi est un diplomate, journaliste et voyageur, tandis que Francesco Miniscalchi-Erizzo est un homme politique, polygraphe orientaliste et géographe qui a participé aux premiers travaux de la Société italienne de géographie. Même si ces auteurs sont toujours apparentés pour avoir traité des peuples de l’Arctique, ils ont proposé des horizons herméneutiques différents sur le Grand Nord. En cinquante ans, les perspectives analytiques des géographes ont changé, s’adressant notamment à l’exploitation des données anthropologiques afin d’examiner la société. This contribution analyses the writings of three Italian scholars who studied the Arctic regions, in particular Luigi Bossi Visconti (1758-1835), Giuseppe Acerbi (1773-1846) and Francesco Miniscalchi-Erizzo (1811-1875). One of the common features of these writers is that they are never narrowly specialized : Luigi Bossi Visconti is a translator ; Giuseppe Acerbi is a diplomat, journalist and traveller, and Francesco Miniscalchi-Erizzo is a politician, orientalist and geographer who took part in the Italian Geographical Society. Although these authors are still related in their treatment of the peoples of the Arctic, they have proposed different hermeneutical horizons on the Far North. In fifty years, the analytical perspectives of geographers have changed, addressing the exploitation of anthropological data to examine society. mer., 24 sept. 2025 14:13:09 +0200 https://www.ouvroir.fr/deshima/index.php?id=428 Convergences lumière-acoustique dans la musique spectrale https://www.ouvroir.fr/deshima/index.php?id=436 Aux xxe et xxie siècles, les compositeurs intéressés par la résonance ou le modèle spectral ont également été sensibles à la lumière et aux couleurs. On trouve à leur sujet tout un champ lexical dévolu à la lumière de manière directe ou indirecte : lumière, luminosité, couleur(s), éclairage, teinte, ton, tonalité, reflet, réflexion… Au niveau scientifique, la lumière et le son font appel à un vocabulaire commun : ondes (mesurées en fréquences), spectre, décomposition, infrasons/infrarouges, ultrasons/ultraviolets, réfraction/diffraction… Mais, plus que la recherche de synesthésie, c’est le spectacle lumineux qui frappe les compositeurs. Chaque zone géographique de la planète présente une luminosité spécifique, liée à sa latitude, son ensoleillement, son altitude, son humidité, son climat, son relief… Au fur et à mesure que l’on se rapproche des pôles, on observe les aurores et les jours/nuits polaires, avec leurs manifestations si particulières en termes de lumière. Si les allusions au Nord restent parcimonieuses – que ce soit dans les titres des œuvres, dans leurs propos, leurs sources d’inspiration, ou dans le paratexte –, le phénomène de l’aurore boréale revient de manière récurrente. Edgard Varèse (1883-1965) et Kaija Saariaho (née en 1952), sont deux compositeurs de génération et d’origines géographiques différentes, mais qui ont une attache profonde au timbre. Varèse a été marqué par le spectacle et les sons de l’aurore boréale en 1910. Cela lui inspira une pièce intitulée Mehr Licht, restée à l’état d’esquisse et remaniée ensuite pour devenir Les cycles du Nord (1912), œuvre aujourd’hui perdue. Inspirée par la vision d’une aurore boréale, Lichtbogen (1986) de Saariaho s’inscrit pleinement dans l’esthétique spectrale française. Nox Borealis (2008) a été inspirée de par les bruits de l’aurore boréale. L’œuvre consiste en la projection d’une vidéo évoquant le phénomène, et accompagnée par un enregistrement de Lichtbogen. In the 20th and 21st centuries, composers interested in resonance or the spectral model were also sensitive to light and colour. There is a whole lexical field, directly or indirectly devoted to light : light, luminosity, colour(s), lighting, hue, tone, tone, reflection, reflection… Light and sound have a common vocabulary : waves (measured in frequencies), spectrum, decomposition, infrasound/infrared, ultrasound/ultraviolet, refraction/diffraction… But, more than the search for synaesthesia, it is the contemplation of light that strikes the composers. Each geographical area of the planet has a specific luminosity, linked to its latitude, sunshine, altitude, humidity, climate, relief… As we get closer to the poles, we observe the aurorae and polar days/nights, with their particular manifestations in terms of light. If allusions to the North remain parsimonious—whether in the titles of the works, in their words, sources of inspiration, or in paratext—the phenomenon of the aurora borealis recurs. Edgard Varèse (1883-1965) and Kaija Saariaho (born 1952) are two composers of different generations and of different geographical origins, but who have a deep attachment to timbre. Varèse was impressed by the spectacle and the sounds of the aurora borealis in 1910. This inspired him a piece entitled Mehr Licht, which remained in sketch form, and then reworked to become Les cycles du Nord (1912), a work which is lost today. Inspired by the vision of an aurora borealis, Saariaho’s Lichtbogen (1986) fits fully into the French spectral aesthetic. Nox Borealis (2008) was inspired by the sounds of the Aurora Borealis. The work consists in the projection of a video evoking the phenomenon, and accompanied by a recording by Lichtbogen. mer., 24 sept. 2025 14:13:31 +0200 https://www.ouvroir.fr/deshima/index.php?id=436 Le chant Sámi dans le « folk metal » nordique https://www.ouvroir.fr/deshima/index.php?id=448 Cet article aborde l’appropriation d’une technique de chant pratiquée par les Sámis, peuple indigène du nord de l’Europe, par divers artistes issus de la scène metal européenne. Le « yoik » des Sámis consiste à chanter des mélodies circulaires, sans accompagnement et souvent sans paroles, destinées à décrire et invoquer la présence d’une personne, d’une espèce animale ou d’un lieu. En dehors du pays sámi, le genre hybride du « folk metal » semble être le milieu musical où le yoik a été le plus largement approprié par des artistes non-indigènes. Dissocié de son cadre culturel originel, il s’y trouve associé à des représentations exotiques du Nord marquées par des références fréquentes au paganisme, à la guerre, à l’alcool et aux créatures mythiques, tandis que les références explicites à la culture sámie y sont à peu près absentes. L’appropriation du yoik dans le metal exprime ainsi un « boréalisme » ayant notamment lieu au sein même des pays nordiques : le Nord fantasmant son propre Nord. En outre, les imaginaires invoqués dans ces œuvres font écho aux représentations historiques du pays et du peuple sámis, véhiculées par les sagas médiévales et les missionnaires, érudits et voyageurs des siècles suivants, mettant ainsi en évidence la permanence de ces imaginaires. Cette rencontre entre yoik et metal représente par ailleurs une appropriation unilatérale d’un genre indigène, envisagé comme un bien universel n’appartenant à aucune culture particulière. This paper addresses the appropriation of a singing technique practiced by the Sámi, an Indigenous people from the North of Europe, by various artists from the European metal scene. The Sámi “yoik” consists of circular melodies sung without accompaniment and, in many cases, without lyrics, and aimed at describing and invoking the presence of a person, an animal species, or a place. Outside the Sámi land, the hybrid genre called “folk metal” seems to be the musical environment where the yoik has been most widely appropriated by non-Indigenous artists. Separated from its original cultural context, it has been associated with exotic representations of the North, marked by recurring references to paganism, war, alcohol, and mythical creatures, while explicit references to Sámi culture are nearly absent. The appropriation of the yoik in metal thus expresses a form of “borealism” also occurring within the Nordic countries : the North fantasizing its own North. Besides, the imagination invoked in this musical production happens to echo historical representations of the Sámi land and people, namely those conveyed by medieval sagas and missionaries, scholars, and travellers from the following centuries, thus bringing to light the permanence of these representations. The encounter between the yoik and European metal also suggests a unilateral appropriation of an Indigenous genre, understood as a universal good belonging to no one in particular. mer., 24 sept. 2025 14:13:53 +0200 https://www.ouvroir.fr/deshima/index.php?id=448 Nuit de Saint-Jean et Les Vierges folles https://www.ouvroir.fr/deshima/index.php?id=458 Par une recherche incessante de nouvelles manières de penser le corps, les Ballets suédois voulaient être le creuset de la nouvelle avant-garde des années folles. Son mécène et créateur Rolf de Maré choisit Paris et le Théâtre de Champs Elysée comme lieu de naissance de cette compagnie qui rassemble une partie des danseurs de l’opéra royal de Stockholm. Malgré une existence très brève (1920-1925), les Ballets suédois marquent profondément le monde de la danse par ses innovations non seulement chorégraphiques mais aussi poétiques, picturales et musicales. Considérés par les critiques comme concurrents des Russes, ils attirent les forces vives de la jeunesse artistique parisienne en quête de nouvelles valeurs depuis le désastre de la Première Guerre Mondiale. En effet, avec son chorégraphe Jean Börlin, les Ballets suédois ont donné au ballet une morphologie nouvelle en attribuant la même importance à chacun des arts qui le composent. Parallèlement, Jean Börlin et Rolf de Maré manifestent ouvertement leur volonté de mettre en valeur le patrimoine de leur pays mais de manière plus contemporaine. Quelle est la place du folklore suédois dans la genèse des créations inédites des Suédois ? Est-elle la source d’un renouvellement du genre ? Cette étude avant tout musicologique s’attardera sur l’influence du folklore suédois dans les genèses de Nuit de Saint-Jean et Vierges folles présentés lors de la première saison de la compagnie entre le 25 octobre et le 18 novembre 1920. Nous tenterons de déterminer l’influence de la culture suédoise dans les genèses de ces deux ballets et la manière dont les compositeurs, les peintres mais aussi son chorégraphe, Jean Börlin l’exploitent. Through an incessant search for new ways of thinking about the body, the Swedish Ballets wanted to be the crucible of the new avant-garde of the Roaring Twenties. Its patron and creator Rolf de Maré chose Paris and the Théâtre de Champs Elysée as the birthplace of this company which brings together some of the dancers of the Royal Opera of Stockholm. Despite a very short existence (1920-1925), the Swedish Ballets left a profound mark on the world of dance with their choreographic, poetic, pictorial and musical innovations. Considered by critics as competitors of the Russians, they attract the living forces of the Parisian artistic youth in search of new values since the disaster of the First World War. Indeed, with its choreographer Jean Börlin, the Swedish Ballets have given the ballet a new morphology by attributing the same importance to each of the arts that compose it. At the same time, Jean Börlin and Rolf de Maré openly express their desire to highlight the heritage of their country but in a more contemporary way. What is the place of the Swedish folklore in the genesis of the Swedes’ unpublished creations? Is it the source of a renewal of the genre? This primarily musicological study will focus on the influence of the Swedish floklore in the genesis of Nuit de Saint-Jean and Vierges folles presented during the first season of the company between October 25 and November 18, 1920. We will try to determine the influence of Swedish culture in the genesis of these two ballets and the way in which the composers, the painters but also its choreographer, Jean Börlin exploit it. mer., 24 sept. 2025 14:37:16 +0200 https://www.ouvroir.fr/deshima/index.php?id=458 Avant-propos https://www.ouvroir.fr/deshima/index.php?id=470 mer., 24 sept. 2025 15:22:22 +0200 https://www.ouvroir.fr/deshima/index.php?id=470 L’île suédoise, la télévision allemande et l’heure du crime https://www.ouvroir.fr/deshima/index.php?id=473 Connue avant tout dans sa version allemande, Der Kommissar und das Meer est une série policière germano-suédoise, principalement produite par la ZDF, la deuxième chaîne publique allemande. Les protagonistes de la série sont inspirés des romans de Mari Jungstedt ; quant à l’action, elle se déroule à Gotland, qui est la plus grande des îles suédoises. La série a été conçue pour être disponible à la fois en allemand et en suédois. Cependant, dans la version allemande, le héros a nom Robert Anders, commissaire de nationalité allemande, qui devient Robert Andersson dans la version suédoise, où toute référence à l’Allemagne est effacée. Dans les romans de Mari Jungstedt, ce même commissaire est Anders Knutas, citoyen suédois. Dans cette étude, on essaiera de comprendre quels mécanismes télévisuels ont entraîné ces divergences. Der Kommissar und das Meer is a German-Swedish crime series, mainly produced by ZDF, Germany's second largest public broadcaster. The protagonists of the series are based on the novels by Mari Jungstedt and the action takes place on Gotland, the largest of the Swedish islands. The series was designed to be available in both German and Swedish. However, in the German version, the hero is Robert Anders, a German commissioner, who becomes Robert Andersson in the Swedish version, where all references to Germany are deleted. In Mari Jungstedt's novels, the same commissioner is Anders Knutas, a Swedish citizen. In this study, we will try to understand what television mechanisms have led to these differences. mer., 24 sept. 2025 15:53:51 +0200 https://www.ouvroir.fr/deshima/index.php?id=473 (Re)Making a Killing https://www.ouvroir.fr/deshima/index.php?id=485 Forbrydelsen, ou The Killing, est sans doute la série télévisée qui a connu le plus grand succès international dans les pays nordiques. Elle a circulé simultanément dans des séries télévisées sous-titrées ou synchronisées au Danemark et aux États-Unis, et sous la forme d'une novelization en langue anglaise, diffusée dans de multiples traductions. Cet article interroge les réseaux d'adaptation interculturels et intermédiaires de Forbrydelsen en explorant la manière dont ce texte audiovisuel permet de réfléchir aux préoccupations centrales des études d'adaptation concernant l’« originalité » et la « localisation » dans un paysage intermédiaire mondialisé. En s’appuyant sur les études de la mobilité, les études de la traduction ainsi que la théorie de l’intermédialité, l’auteur soutient que les scènes du crime danoises localisées de la série originale devraient être considérées comme des espaces entièrement mobilisés, toujours en cours de traduction, revisité et remédiatisé, ce qui fait de Forbrydelsen un exemple notable de narration contemporaine mondialisée et hypermédiatisée. Arguably the most internationally successful TV drama to come out of the Nordic countries, Forbrydelsen or The Killing simultaneously circulated in subtitled or synchronized Danish and US television serials and as an English-language novelization, disseminated through multiple translations. This article interrogates the cross-cultural and intermedial adaptation networks of Forbrydelsen by exploring the ways in which this audio-visual text allows us to reflect on central concerns within adaptation studies about “originality” and “locatability” in a globalized intermedial landscape. Drawing on mobility studies, translation studies and intermedial theory, it is argued that the localized Danish crime scenes of the original series, are better viewed as thoroughly mobilized spaces, always in-translation and always to be revisited and remediated, which makes Forbrydelsen a notable example of globalized and hypermediated contemporary storytelling jeu., 25 sept. 2025 09:26:19 +0200 https://www.ouvroir.fr/deshima/index.php?id=485 Le Nordic Noir ou les qualités inespérées d’un dispositif transmédiatique https://www.ouvroir.fr/deshima/index.php?id=496 Nous avons voulu aborder le Nordic Noir par le biais de la transmédialité en nous posant quelques questions : En quoi le polar nordique constitue-t-il un objet culturel suffisamment autonome et déterminé pour pouvoir se transmédiatiser – et dans ce cas par quels médias et selon quelles modalités médiatiques ? Comment s’exporter dans différents lieux, formes, supports ? Quel est le rôle du polar nordique dans cette transmédiatisation, à quel niveau ? Partant de l’intuition liminaire selon laquelle il existerait des spécificités entre le fonctionnement de la transmédiation et le récit criminel nordique, nous avons voulu montrer les processus mais aussi les conditions et les enjeux de cette transmédiation nordique. We wanted to approach Nordic Noir through transmediality by asking ourselves some questions. Does Nordic Noir constitute a sufficiently autonomous and determined cultural object to be able to be transmediated – and in this case by which media and according to what modalities? What is the exact function of Nordic Noir in this transmediatisation? Starting from the preliminary intuition that there would specificites between the functioning of transmediation and Nordic criminal narratives, we wanted to show the processes but also the conditions and the stakes of this Nordic Noir transmediation. jeu., 25 sept. 2025 09:38:18 +0200 https://www.ouvroir.fr/deshima/index.php?id=496 La constellation narrative du Nordic Noir https://www.ouvroir.fr/deshima/index.php?id=509 À la suite du succès international du Nordic Noir, de ses réécritures et ses adaptations, la plateforme Netflix a commencé la production et la diffusion de trois séries toutes recommandées pour un public d’une quinzaine d’années : les séries danoises The Rain (2018-2020) et Equinox (2020) ainsi que la série dano-norvégienne Ragnarok (2020). Dans cet article, nous considérons ces trois productions à partir du concept de « constellation narrative » pour comprendre les apports de la transmédialité au niveau de la création du monde diégétique, de la multiplication des supports et de la participation du public. Following the international success of Nordic Noir, its rewrites and adaptations, Netflix has begun the production and broadcast of three series intended for an adolescent audience (15-year old) : the Danish series The Rain (2018-2020) and Equinox (2020) as well as the Danish-Norwegian series Ragnarok (2020). In this article, I consider these three productions through concept of “narrative constellation” to understand the contributions of transmediality in terms of diegetic world creation, multiplication of media, and audience participation. jeu., 25 sept. 2025 09:51:13 +0200 https://www.ouvroir.fr/deshima/index.php?id=509 L’Écotopie du polar nordique https://www.ouvroir.fr/deshima/index.php?id=518 L’exportation du polar nordique vers d’autres pays européens aurait favorisé la création de nouvelles fictions transculturelles. Ainsi, la série franco-belge Zone Blanche (2017) comporte bien des ressemblances avec la série suédoise Jordskott (2015). Cependant, si les deux séries se rejoignent sur certains points – même univers oppressant, même concentration sur la forêt et sur le surnaturel – Zone blanche est-elle pour autant une adaptation étrangère du polar scandinave ? Pour savoir si la série franco-belge est le résultat d’un réemploi exogène du polar nordique, il faudrait la comparer avec tout une production scandinave éco-responsable pour démontrer que la relation entre Zone blanche avec le polar nordique est à la fois une convergence, une divergence et une transvergence qui, au lieu d’imiter ou de s’écarter d’un modèle qui se trouve dans les pays nordique, propose un polar éco-critique sans frontière qui renoue surtout avec la série sylvestre Twin Peaks (1990) de David Lynch. En nous interrogeant sur le possible réemploi exogène du polar nordique de Zone blanche, nous nous plaçons dans une perspective géographique. En effet, le cinéma, et récemment les séries éco-responsables scandinaves, mettant en scène les mythes nationaux, réfléchissent souvent au concept de frontières. La frontière entre exploitation et nature exploitée, entre humain et non-humain, entre féminité et masculinité. Pour interroger ce possible lieu commun, nous proposons le concept d’écotopie, emprunté à Ernest Callenbach. Repris par Pietari Kääpä au sein des études cinématographiques, l’écotopie est un lieu affranchi des frontières géographiques, un espace transnational qui intègre l’humanité dans la nature. The export of Nordic thrillers to other European countries will have favored the creation of new transcultural fictions. Thus, the Franco-Belgian series Zone Blanche (2017) has many similarities with the Swedish series Jordskott (2015). However, if the two series meet on certain points—same oppressive universe, same focus on the forest and the supernatural—is Zone blanche merely a foreign adaptation of the Scandinavian thriller? To know if the Franco-Belgian series is the result of an exogenous replication of the Nordic thriller, it must be compared with other eco-responsible Scandinavian productions to demonstrate that the relationship between Zone blanche and the Nordic thriller is both a convergence, a divergence and a ‘transvergence’ which, instead of imitating or deviating from a model found in the Nordic countries, offers an eco-critical whodunnit without borders which evokes especially the forest series Twin Peaks (1990) by David Lynch. By questioning ourselves about Zone blanche as a possible exogenous replication of the Nordic thriller, we place ourselves in a geographical perspective. Indeed, cinema, and recently Scandinavian eco-responsible series featuring national myths, often reflect on the concept of borders. The boundary between exploitation and exploited nature, between human and non-human, between femininity and masculinity. To question this possible commonplace, we propose the concept of ecotopia, borrowed from Ernest Callenbach. Taken up by Pietari Kääpä within the field of cinematographic studies, ecotopia is a place freed from geographical borders, a transnational space that integrates humanity into nature. jeu., 25 sept. 2025 10:11:16 +0200 https://www.ouvroir.fr/deshima/index.php?id=518 La traduction en français du roman policier nordique https://www.ouvroir.fr/deshima/index.php?id=529 Cet article vise à apporter le point de vue du traducteur dans la création de l’objet « roman policier scandinave » en France. Un bilan de la situation éditoriale est complété par une description des caractéristiques du genre, notamment de ce qui le rend particulier et unique : son lien très fort avec le roman social européen tel qu’il s’est développé au xixe siècle et pendant la période de la Percée moderne (1870-1905). This article aims to include the point of view of the translator in the creation of the object Scandinavian Crime novel in France. An overview of the editorial situation is accompanied by a description of the characteristics of the genre, especially what makes it particular and unique : its very strong link with the European social novel as it developed in the 19th century and during the Modern Breakthrough period (1870-1905). jeu., 25 sept. 2025 10:18:45 +0200 https://www.ouvroir.fr/deshima/index.php?id=529 « Ainsi, ma mère était seule, même quand j’étais là » https://www.ouvroir.fr/deshima/index.php?id=539 Longtemps négligée par la critique et les institutions littéraires, l’œuvre de la poétesse et romancière danoise Tove Ditlevsen (1917-1976) est aujourd’hui considérée comme l’une des plus significatives de la littérature scandinave contemporaine, entre autres en tant que précurseur du courant d’autofiction qui se répand dans la littérature du Nord depuis le début du siècle. Dans mon article, j’étudierai la trajectoire autobiographique de Ditlevsen, en me concentrant sur les réflexions – implicites et explicites – que propose l’auteure elle-même au sujet de son parcours artistique tout au long de son œuvre tardive, et particulièrement à travers les mémoires de son Enfance, de sa Jeunesse et de sa Dépendance, publiés vers 1970 et aujourd’hui connus sous le titre de Trilogie de Copenhague. Au cours de ces mémoires, l’auteure présente son entrée dans l’écriture littéraire comme un mouvement ambigu de libération, de protection et d’isolement vis-à-vis de son milieu prolétarien d’origine. Avant d’entrer dans l’univers de la Trilogie de Copenhague, je m’arrêterai par conséquent sur les implications et l’impact de son point de départ, à savoir la voie de l’enfance qu’est le quartier ouvrier de Vesterbro à Copenhague. Comme nous le verrons également, l’acceptation tardive de l’auteure par la critique est un phénomène intimement lié à son enfance vécue en bas de l’échelle sociale. For a long time neglected by critics and literary institutions, the work of the Danish poet and novelist Tove Ditlevsen (1917-1976) is today considered one of the most decisive in contemporary Scandinavian literature. Among other things, the author is seen as an important precursor of the trend of autofiction that has been spreading through the literature of the North since the turn of the century. In my article, I will study the autobiographical trajectory of Ditlevsen, focusing on the reflections—implicit and explicit—offered by the author herself throughout her late work. More specifically, I will propose a reading of Ditlevsen’s memoirs Childhood, Youth and Dependency, written and published around 1970, and posthumously gathered under the title The Copenhagen Trilogy. In this work, the author presents her engagement in literary writing as an ambiguous movement of liberation, protection, and isolation from her initial proletarian environment. Before entering the world of the The Copenhagen Trilogy, I will therefore consider the fundamental importance of its starting point —that is, the childhood of Tove Ditlevsen in the working-class district of Vesterbro, Copenhagen. As we will likewise see, the author’s belated acceptance by critics is a phenomenon intimately linked to her social status, namely her childhood spent at the bottom of the ladder. jeu., 25 sept. 2025 10:40:40 +0200 https://www.ouvroir.fr/deshima/index.php?id=539 Jan Erik Vold https://www.ouvroir.fr/deshima/index.php?id=551 Jan Erik Vold, poète, traducteur et intellectuel norvégien né à Oslo en 1939, a créé à partir des années 1960 une œuvre protéiforme consistant en poésie, essais, biographies, recensions et même en enregistrements avec des musiciens de jazz de premier plan. Deux tendances coexistent dans son écriture : la première est marquée par la concision, l’économie des moyens expressifs, la forme brève et la critique du langage ; la seconde par l’expansion, la transgression des limites et la volonté d’explorer réseau infini des signes et du sens. L’article analyse les formes que ces deux tendances prennent dans la poésie de Vold ainsi que la réflexion poétique et philosophique qui est à leur origine. La réflexion porte sur l’œuvre poétique et essayistique de l’auteur ainsi que sur des figures influentes dans la tradition occidentale du modernisme du xxe siècle, dont notamment Guillaume Apollinaire et Ezra Pound. Si les deux tendances sont bien visibles dans les manifestations qu’elles peuvent avoir – un poème qui se tient sur une ligne d’une part, ou qui s’étale sur huit pages d’autre part –, il en saurait être question de principes poétique ou esthétiques formalisées ou formalisables, mais d’une tension productive qui traverse la production de l’auteur sans aboutir à une résolution. Jan Erik Vold is a Norwegian poet, translator and intellectual born in Oslo in 1939. Since the 1960s, he has excelled in several genres, writing not only poetry, but also essays, biographies, criticism and even performing with first-class jazz musiciens. Two tendencies coexist in his writing : the first draws towards concentration, economy of expressive means, short forms and a criticism of language ; the second towards expansion, transgression of limits and the exploration of the endeless networks of signs and signification. The article examines the forms these tendencies take in Vold’s poetry as well as the poetic and philosophical ideas they reflect. The analysis focuses on Vold’s poems and essays as well as on influent figures of the western tradition of modernism such as Guillaume Apollinaire and Ezra Pound. While the two tendencies are clearly visible through their manifestations —poems that consist of one line only on the hand, or that cover up to eight pages on the other hand —, it is not question here of poetic or aesthetic ideas that would take a formal character, but rather of a productive tension that runs through Vold’s production without any final resolution. jeu., 25 sept. 2025 10:56:53 +0200 https://www.ouvroir.fr/deshima/index.php?id=551 Way Baroe https://www.ouvroir.fr/deshima/index.php?id=561 jeu., 25 sept. 2025 11:02:15 +0200 https://www.ouvroir.fr/deshima/index.php?id=561 Numéro 16 - version PDF https://www.ouvroir.fr/deshima/index.php?id=695 jeu., 02 oct. 2025 16:25:03 +0200 https://www.ouvroir.fr/deshima/index.php?id=695