Marginalia https://www.ouvroir.fr/radar/index.php?id=928 Comment valoriser les marges ? Comment l’art peut-il rendre visible ce qui a été occulté ? Ce dixième numéro de la revue RadaЯ interroge la capacité des productions artistiques à renverser les représentations dominantes et stigmatisantes de figures féminines marginalisées. En nous appuyant sur des œuvres issues des arts visuels et des cultures populaires, nous proposons ici d’explorer des contre-visualités incarnées par une diversité de femmes – âgées, incarcérées, incendiaires, païennes, invalides ou criminelles – qui occupent une place centrale. « Marginalia » valorise les gestes, pratiques et existences marginalisées comme autant de ripostes tactiques contre les visualités stéréotypées. À travers l’étude d’œuvres qui rendent visible ces marges, nous proposons ici une galerie de figures de femmes. Numéro entier en PDF (5 Mo). How can we give value to the margins? How can art shed light on what has been erased? This tenth issue of RadaЯ explores the power of artistic production to challenge dominant and stigmatizing representations of marginalized female figures. Drawing from visual arts and popular culture, we examine counter-visualities embodied by a diverse range of women—older women, incarcerated women, arsonists, pagans, disabled women, and criminals—who are placed at the center. Marginalia celebrates the gestures, practices, and lives that have been sidelined, presenting them as tactical responses to stereotypical visual regimes. Through the study of artworks that bring these margins into view, we offer a gallery of resistant, complex, and powerful female figures. Full PDF issue (5 Mo). Numéros en texte intégral fr lun., 24 mars 2025 09:50:32 +0100 mer., 04 juin 2025 10:35:20 +0200 https://www.ouvroir.fr/radar/index.php?id=928 0 Première de couverture https://www.ouvroir.fr/radar/index.php?id=929 lun., 19 mai 2025 10:22:46 +0200 https://www.ouvroir.fr/radar/index.php?id=929 Remerciements https://www.ouvroir.fr/radar/index.php?id=930 lun., 19 mai 2025 14:46:03 +0200 https://www.ouvroir.fr/radar/index.php?id=930 Avant-propos https://www.ouvroir.fr/radar/index.php?id=931 lun., 19 mai 2025 14:56:24 +0200 https://www.ouvroir.fr/radar/index.php?id=931 Introduction https://www.ouvroir.fr/radar/index.php?id=932 lun., 19 mai 2025 15:18:50 +0200 https://www.ouvroir.fr/radar/index.php?id=932 Femmes païennes. Redéfinir la spiritualité grâce à une divinité féminine https://www.ouvroir.fr/radar/index.php?id=934 Cet article explore la spiritualité dans l’art comme une forme d’empowerment pour les femmes marginalisées dans les cultes religieux occidentaux. Ce phénomène de marginalisation a été réinvesti lors de la seconde vague féministe des années 1960, et a donné lieu à l’émergence d’une nouvelle figure spirituelle féminine : la Déesse. Cette figure génère un mouvement à la fois spirituel et contre-symbolique, qui offre aux femmes croyantes et non croyantes un espace libéré des dynamiques religieuses patriarcales. Plus en accord avec leurs principes, ce courant permet aux femmes une liberté de leur corps et de leur sexualité, ainsi qu’une inclusivité qui n’était alors pas possible avec les religions monothéistes. Dans cet article, Marine Cortese étudie des artistes contemporaines des années 1970 à 1980 qui ont revalorisé les mythes, les rituels et le corps comme des espaces sacrés. Leur pratique entend construire une communauté spirituelle qui redéfinit la féminité et conteste les mécanismes oppressifs, liés à la prédominance masculine dans les religions monothéistes. En offrant aux femmes une alternative à la domination religieuse masculine, les artistes redéfinissent la spiritualité comme un espace d’expression artistique, de résistance et de transformation culturelle. This article explores spirituality in art as a form of empowerment for women marginalized within Western religious traditions. This phenomenon of marginalization was revisited during the second wave of feminism in the 1960s, leading to the emergence of a new female spiritual figure: the Goddess. This figure gave rise to a movement that is both spiritual and counter-symbolic, providing both religious and non-religious women with a space free from patriarchal religious dynamics. More aligned with their values, this movement grants women bodily and sexual autonomy, as well as a level of inclusivity that was previously unattainable within monotheistic religions. In this article, Marine Cortese examines contemporary female artists from the 1970s to the 1980s who revalorized myths, rituals, and the body as sacred spaces. Their artistic practices aim to build a spiritual community that redefines femininity and challenges the oppressive mechanisms associated with male dominance in monotheistic religions. By offering women an alternative to male religious authority, these artists redefine spirituality as a space for artistic expression, resistance, and cultural transformation. mar., 20 mai 2025 16:16:03 +0200 https://www.ouvroir.fr/radar/index.php?id=934 Femmes catcheuses. Dissolution et affirmation des combattantes à travers les matchs intergenres https://www.ouvroir.fr/radar/index.php?id=940 En s’intéressant à la figure de la catcheuse, cet article souhaite interroger les stratégies d’inclusions de certaines combattantes dans des configurations intergenres ambivalentes, où l’on observe certes une valorisation des catcheuses féminines, mais à travers leurs capacités à faire face à leurs homologues masculins. De plus, la prolifération des catcheuses dans les matchs intergenres semble régulièrement s’accompagner d’une déstructuration des espaces d’expressions qui donnent corps au catch féminin, notamment par la progressive disparition d’une division féminine à part entière. This article examines the figure of the female wrestler as a lens through which to interrogate the strategies of inclusion employed within ambivalent intergender wrestling configurations. While these configurations may appear to elevate female wrestlers, such recognition often hinges on their capacity to confront male opponents on equal footing. Simultaneously, the increasing presence of women in intergender matches is frequently accompanied by the erosion of distinct expressive arenas historically afforded to women’s wrestling—most notably through the gradual dissolution of an autonomous women’s division. mar., 20 mai 2025 16:29:26 +0200 https://www.ouvroir.fr/radar/index.php?id=940 Femmes incarcérées. Les liens affectifs dans le milieu carcéral comme formes de résistance https://www.ouvroir.fr/radar/index.php?id=959 Dans cet article, je m’intéresse aux relations affectives dans les prisons féminines en interrogeant leur potentiel subversif. Les femmes en détention sont constamment occultées des études carcérales. Myriam Joël-Lauf étudie les différents mécanismes de cette marginalisation en envisageant la prison comme le « miroir grossissant » de notre société. L’affection entre les détenu·es n’est jamais réellement prise en compte dans ces recherches androcentriques. À l’inverse, elle devient un objet de fantasme sexiste et homophobe dans l’imaginaire collectif : en l’absence des hommes, les détenu·es entretiendraient des rapports lesbiens perçus comme déviants et pathologiques. Par ailleurs, l’institution les incite à se conformer au modèle de la mère et de l’épouse parfaite afin de les préparer, voire de les conditionner, à jouer le rôle attendu à leur sortie vers l’ordre social normatif. Toute autre situation est jugée illégitime. Face à cette domination et ce contrôle, des formes de résistance et d’autodétermination émergent. J’étudie, par le biais d’œuvres photographiques, comment les détenu·es s’émancipent et réaffirment leurs subjectivités à travers des gestes d’amour propre et des liens solidaires. In this article, I focus on affective relationships in women’s prisons, questioning their subversive potential. Incarcerated women are mainly absent from carceral studies. Myriam Joël-Lauf analyzes the mechanisms of marginalization and considers prison as a “magnifying mirror” of our society. Affective ties between inmates are rarely taken into consideration in androcentric research. In reverse, they often become objects of sexist and homophobic fantasy in the collective imagination: in the absence of men, women are supposed to engage in lesbian relationships perceived to deviant or pathological. Moreover, the institution induces inmates to conform to the roles of ideal mothers and wives in order to prepare—or to condition—them to reintegrate into normative social order. Any other situation is considered illegitimate. In response to this domination, forms of resistance and determination emerge. Through the analysis of photographic works, I explore how incarcerated people emancipate themselves and reclaim their subjectivities thanks to acts of self-love and collective connection. mer., 21 mai 2025 11:26:04 +0200 https://www.ouvroir.fr/radar/index.php?id=959 Femmes âgées. Réenchanter les corps vieillissants éprouvant du désir https://www.ouvroir.fr/radar/index.php?id=972 Kenza Khelfi évoque l’âgisme et la manière dont la sexualité taboue des femmes âgées est mal ou sous-représentée dans les médias (séries, films) et l’art contemporain (photographies). Elle montre que les représentations stéréotypées, désexualisantes, voire diabolisantes qui leur sont attribuées placent ces femmes en marge de la société. Elle met en lumière dans cet article, le travail d’artistes contemporaines qui « réenchantent » les corps vieillissants afin d’élaborer un contre-récit dans lequel leur âge est, a contrario, perçu comme un renouveau significatif de liberté et d’émancipation. C’est le cas de Julie Glassberg, Hortense Belhôte ou bien Zaida Gonzalez Rios, qui redressent les corps de ces femmes pour briser le tabou de « la vieille courbée ». Les artistes Pauline Curnier Jardin et Arianne Clément se concentrent quant à elles, sur la monstration de la peau et le toucher. La participation des modèles à ces projets sera envisagée comme un acte d’empouvoirement et de sororité. Kenza Khelfi addresses ageism and the way in which the taboo surrounding the sexuality of older women is poorly represented—or entirely absent—in media (TV shows, films) and contemporary art (photography). She highlights how stereotypical, desexualizing, and even demonizing representations relegate these women to the margins of society. In this article, she sheds light on the work of contemporary artists who re-enchant aging bodies in order to construct a counter-narrative where age, conversely, is perceived as a significant renewal of freedom and emancipation. This is the case with artists like Julie Glassberg, Hortense Belhôte, and Zaida González Ríos, who straighten the bodies of these women to break the taboo of the “hunched old lady”. Artists such as Pauline Curnier Jardin and Arianne Clément, on the other hand, focus on the display of skin and touch. The participation of the models in these projects is considered an act of empowerment and sisterhood. mer., 21 mai 2025 11:39:42 +0200 https://www.ouvroir.fr/radar/index.php?id=972 Femmes incendiaires. L’usage du feu et le geste de destruction comme outils d’émancipation https://www.ouvroir.fr/radar/index.php?id=988 Dans cet article, Julie Vezard s’intéresse à la figure de la « femme incendiaire » à travers les œuvres vidéographiques de trois artistes contemporaines : Marta Minujín, Martha Wilson et documentation céline duval. Par l’usage symbolique et performatif du feu, ces artistes opèrent une transformation radicale des images stéréotypées et troublent les logiques de dominations qu’elles véhiculent. L’autrice analyse leurs gestes de destruction par le feu comme des tentatives de (re)prise de pouvoir. In this article, Julie Vezard explores the figure of the “incendiary woman” through the video works of three contemporary artists: Marta Minujín, Martha Wilson, and documentation céline duval. Through the symbolic and performative use of fire, these artists enact a radical transformation of stereotypical images and disrupt the power dynamics they convey. The author interprets their acts of burning as attempts to reclaim or seize power. mer., 21 mai 2025 11:45:30 +0200 https://www.ouvroir.fr/radar/index.php?id=988 Femmes invalides. L’art au service des corps féminins « non-normés » https://www.ouvroir.fr/radar/index.php?id=1000 Dans cet article, Augusta Weydert Hernandez se focalise sur le regard stigmatisant porté sur les femmes malades et en situation de handicap, en étudiant les œuvres de deux artistes contemporaines. Les corps de ces femmes sont soumis à des présupposés qui sont liés à leur santé, à leur capacité et à leur intégration à la vie sociale. Augusta Weydert Hernandez s’attache au travail des artistes Lou Chavepayre et Jo Spence, qui confrontées à cette exclusion, cherchent à visibiliser leurs corps de diverses manières afin d’affirmer leur identité et de revendiquer leur place dans l’espace public. Lou Chavepayre vit avec une paralysie cérébrale qui limite ses gestes physiques. Dans Absence de cul (2022), l’artiste expose son postérieur sous la forme d’une sculpture en bronze chauffée à la température de son corps qu’elle invite les spectateur·rices à toucher. Jo Spence, dans son œuvre photographique Narratives of Dis-ease, Exiled (1989) traite pour sa part du cancer dont elle est atteinte. Face à la caméra, l’artiste dévoile, par son corps mis à nu, l’ablation de son sein ainsi que l’inscription « Monster ». In this article, Augusta Weydert Hernandez focuses on the stigmatizing way in which women with illnesses or disabilities are viewed, by studying works by contemporary artists. The bodies of these women are subjected to assumptions that are linked to their health, their ability and their integration into social life. Augusta Weydert Hernandez focuses on the work of artists Lou Chavepayre and Jo Spence, who, faced with this exclusion, seek to make their bodies visible in various ways, in order to assert their identity and claim their place in public space. Lou Chavepayre lives with cerebral palsy, which limits her physical movements. In Absence de cul (2022), the artist exhibits her posterior in the form of a bronze sculpture heated to the temperature of her body, which she invites viewers to touch. Jo Spence's photographic work Narratives of Dis-ease, Exiled (1989) deals with her own cancer. In front of the camera, the artist reveals, through her naked body, the removal of her breast and the inscription “Monster”. jeu., 22 mai 2025 14:40:21 +0200 https://www.ouvroir.fr/radar/index.php?id=1000 Femmes criminelles. Le passage à l’acte comme seule échappatoire contre la misère sociale https://www.ouvroir.fr/radar/index.php?id=1014 Cet article se penche sur deux films français qui mettent en scène des femmes criminelles : L’appât de Bertrand Tavernier (1995) et La Cérémonie de Claude Chabrol (1995). Sophie (La Cérémonie) et Nathalie (L’appât) sont présentées tantôt comme manipulatrices tantôt comme manipulées par leurs complices. Ces jeunes femmes prolétaires, désireuses d’être considérées dans une société où l’argent règne, tentent d’échapper à leur condition et d’accéder à la fortune en tuant. Pourtant, cette illusion d’un avenir meilleur auquel elles aspirent se brise avec les crimes qu’elles commettent. Ainsi les deux réalisateurs traitent de la lutte des classes avec l’amer constat que la stratification de la société est inéluctable. jeu., 22 mai 2025 14:49:30 +0200 https://www.ouvroir.fr/radar/index.php?id=1014 Femmes menstruées. La visibilisation artistique du sang vaginal comme survivance des mythes émancipateurs des tisseuses antiques https://www.ouvroir.fr/radar/index.php?id=1019 Cet article s’attache aux modalités par lesquelles deux artistes contemporaines, Casey Jenkins (née en 1979 à Melbourne) et Vadis Turner (née en 1977 à Nashville), cherchent à lutter contre la stigmatisation qui touche les personnes menstruées. Tout en procédant à une rapide historicisation des stratégies plastiques employées par les artistes féministes depuis le milieu des années 1960, il s’agit de montrer en quoi l’usage de la laine et du tissage au sein de ces œuvres dites « menstruelles », en venant réactiver l’économie répressive des discours sur l’anatomie féminine, témoigne de la survivance des mythes émancipateurs des tisseuses antiques dans les pratiques contemporaines. This article focuses on the ways in which two contemporary artists, Casey Jenkins (b. 1979 in Melbourne) and Vadis Turner (b. 1977 in Nashville), seek to combat the stigma that affects menstruating people. While proceeding to a rapid historicization of the plastic strategies employed by feminist artists since the mid-1960s, the aim is to show how the use of wool and weaving in these so-called “menstrual” works, by reactivating the repressive economy of discourses on the female anatomy, testifies to the survival of the emancipatory myths of the weavers in contemporary practices. jeu., 22 mai 2025 14:53:07 +0200 https://www.ouvroir.fr/radar/index.php?id=1019 Carte blanche https://www.ouvroir.fr/radar/index.php?id=1033 jeu., 22 mai 2025 15:17:48 +0200 https://www.ouvroir.fr/radar/index.php?id=1033 Glossaire https://www.ouvroir.fr/radar/index.php?id=1034 jeu., 22 mai 2025 15:22:43 +0200 https://www.ouvroir.fr/radar/index.php?id=1034 Bibliographie générale https://www.ouvroir.fr/radar/index.php?id=1035 jeu., 22 mai 2025 15:24:46 +0200 https://www.ouvroir.fr/radar/index.php?id=1035