Revue d’histoire sociale https://www.ouvroir.fr/rhs fr Équipe et comités https://www.ouvroir.fr/rhs/index.php?id=79 Direction Directeur de la publication : Jérôme Lamy (CNRS) Rédacteur en chef : David Hamelin (chercheur indépendant) Tutelle : Association Revue d’histoire sociale Secrétaire de rédaction : Philippe Daumas (retraité de l’éducation nationale) Comité éditorial Denise Bezzina (université de Gênes) Marie Bossaert (université Clermont Auvergne) Jean-Charles Buttier – co-responsable de la rubrique « Médiation » (université de Genève) Pauline Ducret (École française de Rome) Blaise Dufal – responsable de la rubrique « Entretiens » (université de Sidney) Laurence Giavarini (université de Bourgogne) Charles Heimberg – co-responsable de la rubrique « Médiation » (université de Genève) Dominique Pinsolle (université Bordeaux-Montaigne) Sébastien Plutniak (CNRS) Morgan Poggioli (université de Bourgogne) Dinah Ribard (EHESS) François Rivière (université Paris 1 Panthéon-Sorbonne) Romain Roy (université de Poitiers) Agnès Sandras – conservatrice des bibliothèques Sandrine Victor (INU Champollion) Comité scientifique [en cours de construction] Nathalie Brémand (BU université de Poitiers) Carole Christen (université Le Havre Normandie) Michel Dreyfus (CNRS) Françoise Laot (université Paris 8 Vincennes – Saint-Denis) Stéphane Lembré (université d’Artois) Corine Maitte (université Gustave-Eiffel) mar., 03 juin 2025 00:00:00 +0200 https://www.ouvroir.fr/rhs/index.php?id=79 Team and boards https://www.ouvroir.fr/rhs/index.php?id=80 Direction of the journal Publication director: Jérôme Lamy (CNRS) Editor in chief: David Hamelin (independent researcher) Supervision: Association Revue d’histoire sociale Editorial secretary: Philippe Daumas (retired from the Ministry of Education) Editorial board Denise Bezzina (University of Genoa) Marie Bossaert (Clermont Auvergne University) Jean-Charles Buttier – co-responsible for the « Médiation » section (University of Geneva) Pauline Ducret (École française de Rome) Blaise Dufal – responsible for the « Entretiens » section (University of Sidney) Laurence Giavarini (University of Burgundy) Charles Heimberg – co-responsible for the « Médiation » section (University of Geneva) Dominique Pinsolle (Bordeaux Montaigne University) Sébastien Plutniak (CNRS) Morgan Poggioli (University of Burgundy) Dinah Ribard (EHESS) François Rivière (Paris 1 Panthéon-Sorbonne University) Romain Roy (University of Poitiers) Agnès Sandras – conservatrice des bibliothèques Sandrine Victor (National University Institute Jean-Francois Champollion) Scientific board (in progress) Nathalie Brémand (BU University of Poitiers) Carole Christen (Le Havre Normandy University) Michel Dreyfus (CNRS) Françoise Laot (University of Vincennes in Saint-Denis, Paris 8) Stéphane Lembré (University of Artois) Corine Maitte (Gustave Eiffel University) mar., 03 juin 2025 00:00:00 +0200 https://www.ouvroir.fr/rhs/index.php?id=80 Pourquoi une revue d’histoire sociale ? https://www.ouvroir.fr/rhs/index.php?id=84 L’histoire sociale constitue une forme d’évidence de l’historiographie. Organisée depuis le début du 20e siècle et les Annales comme un élément moteur de la recherche historique, l’histoire sociale s’est déployée, étendue, diversifiée, réfractée au gré des transformations successives du champ de l’histoire1. Originellement liée à l’histoire économique, elle a peu à peu été associée à l’histoire culturelle. Visant d’abord les mécanismes présidant à la structuration des groupes sociaux (par la maîtrise des relais de pouvoir, par les stratifications et les hiérarchies), les historien·nes du social se sont ensuite intéressé·es – notamment au cours des années 1970 – aux principes anthropologiques qui permettaient de rendre compte d’un ordre social donné. C’est ainsi que les représentations, le symbolique, la place du biologique ou encore les mythologies sous-jacentes ont été investis comme des éléments d’une histoire sociale2. Plus récemment, l’histoire globalisée a déplacé les interrogations vers une histoire sociale des circulations, des contacts et des écarts entre ensembles sociaux et culturels constitués3. Dans ce miroitement infini des prises méthodologiques et empiriques pour saisir historiquement les pratiques humaines les plus variées, l’histoire sociale a fini par constituer une sorte de fonds commun d’intelligibilité, une sorte de matrice évidente indéfiniment retravaillée4. Il nous semble qu’il existe donc, dans l’espace historiographique tel qu’il se présente aujourd’ ven., 30 mai 2025 00:00:00 +0200 https://www.ouvroir.fr/rhs/index.php?id=84 « L’invariant, c’est le corps » https://www.ouvroir.fr/rhs/index.php?id=87 Le parcours de Lydie Bodiou fraie entre l’histoire sociale et l’anthropologie historique de l’Antiquité grecque. Cet entretien est l’occasion de revenir sur les grandes étapes de sa recherche. Le corps a constitué un foyer d’intenses questionnements historiens, renouvelés par l’exploration du très riche corpus hippocratique. La thématique du genre s’est imposée dans ses recherches en croisant notamment celle des violences faites aux femmes. Les problématiques contemporaines (sur le consentement et la multiplicité des atteintes violentes) ont nourri les problématiques de Lydie Bodiou, et le travail collectif n’a jamais cessé de constituer le creuset de ses recherches et de leurs renouvellements. De quelle façon as-tu construit ton approche d’une histoire sociale de l’Antiquité grecque croisant l’anthropologie historique ? Quels ont été tes points d’appuis intellectuels, méthodologiques ? Je suis une élève de Pierre Brulé, qui est spécialiste d’histoire religieuse et d’histoire sociale. La thèse de Pierre s’intitulait La Fille d’Athènes. La religion des filles à Athènes à l’époque classique : mythes, cultes et société1. Elle était centrée sur les questions religieuses, avec des questionnements d’ordre biologique. Pierre Brulé était lui-même l’élève de Pierre Lévêque. Il y a là une filiation autant qu’un héritage important. L’histoire religieuse ne m’ayant pas particulièrement intéressée, Pierre Brulé m’a proposé de travailler, pour ma thèse, sur un corpus qu’il avait identifié ven., 30 mai 2025 00:00:00 +0200 https://www.ouvroir.fr/rhs/index.php?id=87 « Comment faire l’histoire de toute la société médiévale ? » https://www.ouvroir.fr/rhs/index.php?id=90 Née en 1960, Geneviève Bührer-Thierry est une médiéviste française, spécialiste du haut Moyen Âge et notamment des sociétés d’Europe occidentale à l’époque carolingienne. Après sa thèse de doctorat en 1994 (Évêques et pouvoir dans le royaume de Germanie : les Églises de Bavière et de Souabe, 876-973, Paris, Picard, 1997), elle devient maîtresse de conférences à l’université de Marne-la-Vallée, puis professeure suite à l’obtention de son habilitation à diriger des recherches en 2004 (Aux marges du monde germanique : l’évêque, le prince, les païens (viiie - xie siècles), Paris, Brepols, 2014), et en 2014 elle est nommée professeure d’histoire médiévale à l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne. L’histoire sociale : est-ce une étiquette que vous revendiquez dans vos travaux, que vous utilisez dans vos ouvrages, vos articles ? Je ne sais pas si je la revendique, en tous cas j’ai le sentiment de faire de l’histoire sociale. Du point de vue de quelqu’un qui est spécialisé dans l’histoire du haut Moyen Âge, cela prend, bien sûr, une coloration un peu plus compliquée que pour les autres, puisque le massif documentaire s’intéresse essentiellement aux élites, et il est très difficile en réalité de toucher la base de la société par les textes. Par l’archéologie, c’est peut-être un peu différent. Il n’empêche que les sociétés du haut Moyen Âge, comme toutes les sociétés, peuvent être étudiées dans leur ensemble, et pour moi je dirai que, d’une certaine manière, toute histoire est une hist ven., 30 mai 2025 00:00:00 +0200 https://www.ouvroir.fr/rhs/index.php?id=90 « Des hommes et des mots : une histoire sociale de la construction » https://www.ouvroir.fr/rhs/index.php?id=94 Philippe Bernardi (né en 1959) est un archéologue et historien français, spécialiste du monde de la construction à la fin du Moyen Âge. Après sa thèse de doctorat, soutenue en 1990 au laboratoire d’archéologie médiévale méditerranéenne d’Aix-en-Provence, il entre au CNRS en 1993. Après son habilitation à diriger des recherches, soutenue en 2002, il devient directeur de recherche et rejoint le LaMOP (UMR 8589, CNRS-Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne) en 2008. Il est notamment l’auteur de Maître, valet et apprenti au Moyen Âge. Essai sur une production bien ordonnée (Toulouse, CNRS-Université Toulouse-Le Mirail, 2009) et de Bâtir au Moyen Âge (Paris, CNRS Éditions, 2011). L’histoire sociale, est-ce une catégorie, une étiquette que tu revendiques, que tu utilises ? Je ne dirai pas que c’est une étiquette, mais plutôt une sorte de point de repère, une sorte de boussole face à une tentation d’une histoire trop déconnectée de la société, face au risque de se focaliser sur un objet pour lui-même, la monographie pour la monographie, sans lien avec l’histoire d’une société. Oui, pour moi c’est une sorte de garde-fou. Mais pas une étiquette. Je ne suis pas sûr que je me revendique comme faisant de l’histoire sociale. Est-ce que l’histoire sociale c’est plutôt une méthode ? Oui, c’est une méthode, et c’est la méthode historique. Je ne pense pas qu’il y ait une méthode particulière, sinon celle évidemment qui est héritée des Annales et de Seignobos antérieurement, mais c’est plus un ob ven., 30 mai 2025 00:00:00 +0200 https://www.ouvroir.fr/rhs/index.php?id=94 Avant la rupture nature/culture, pour une histoire totale des sociétés médiévales https://www.ouvroir.fr/rhs/index.php?id=97 Régine Le Jan (née en 1945), est une historienne française, spécialiste des sociétés européennes occidentale du haut Moyen Âge. Elle soutient sa thèse de doctorat d’État en 1992 (Famille et pouvoir dans le monde franc (viie - xe siècle) : essai d’anthropologie sociale, Paris, Publications de la Sorbonne, 1995) et devient professeure à l’université de Valenciennes puis à l’université de Lille. En 2002, elle est nommée professeure d’histoire médiévale à l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne. Elle a notamment publié Histoire de la France : origines et premier essor, 480-1180 (Paris, Hachette, 2000), Femmes, pouvoir et société dans le haut Moyen Âge (Paris, Éditions Picard, 2001) et La société au haut Moyen Âge (Paris, Armand Colin, 2003). L’histoire sociale est-elle une étiquette que vous utilisez ou revendiquez dans vos travaux d’historienne ? Oui, je dis plutôt histoire des sociétés, mais cela n’est guère différent de l’histoire sociale. Je revendique le fait de faire de l’histoire des sociétés, ou de la société, de l’histoire sociale, c’est à ça que je m’intéresse, c’est sur ça que je travaille principalement. Principalement ? Principalement oui, par rapport à l’histoire économique ou à l’histoire des idées, en tant que telles. D’un autre côté, je comprends l’histoire sociale comme une histoire globale, puisque je m’intéresse à l’histoire des sociétés. Donc ce qui fait de votre forme d’histoire une histoire sociale, c’est l’objet, la société, ou c’est une méthode particulièr ven., 30 mai 2025 00:00:00 +0200 https://www.ouvroir.fr/rhs/index.php?id=97 La société comme savoir pragmatique des acteurs https://www.ouvroir.fr/rhs/index.php?id=99 Claire Judde de Larivière (née en 1974) est une historienne française, spécialiste des sociétés européennes de la fin du Moyen Âge. Elle soutient sa thèse de doctorat en 2002 (Naviguer, commercer, gouverner. Économie maritime et pouvoirs à Venise (xve-xvie siècles), Leyde et Boston, Brill, 2008) et devient maîtresse de conférences à l’université de Toulouse-II-Le Mirail ; après l’obtention de son habilitation à diriger des recherches en 2019, elle est nommée professeure d’histoire médiévale à l’université de Toulouse-II-Jean-Jaurès. Elle a notamment publié Noms de métiers et catégories professionnelles. Acteurs, pratiques, discours (xve siècle à nos jours), Méridiennes, 2010 et La révolte des boules de neige. Murano face à Venise, 1511, Paris, Fayard, 2014. L’expression d’« histoire sociale » est-elle une catégorie que tu revendiques, ou utilises, ou est-ce juste une étiquette ? C’est vraiment une catégorie historiographique que je revendique et qui encadre la façon dont j’essaie de faire de l’histoire et de construire mes méthodes d’analyse, de penser mes objets et de les construire, d’envisager aussi les champs de l’histoire avec lesquels j’engage la discussion. Ce n’est pas seulement une étiquette, mais bien une catégorie qui fait sens dans ma façon de pratiquer l’histoire. À mon sens, l’histoire sociale est une méthode et une approche méthodologique avant de désigner des objets de recherche, et c’est cela que je trouve intéressant. Il y a effectivement des objets qui entr ven., 30 mai 2025 00:00:00 +0200 https://www.ouvroir.fr/rhs/index.php?id=99 Faire l’histoire de la société médiévale en tant que système de domination https://www.ouvroir.fr/rhs/index.php?id=101 Joseph Morsel (né en 1961) est un historien français, médiéviste, spécialiste de l’histoire des élites dans le monde germanique. Il soutient sa thèse de doctorat en 1993 (La Noblesse contre le prince : l’espace social des Thüngen à la fin du Moyen Âge : (Franconie, v. 1250-1525), Stuttgart, J. Thorbecke, 2000). Il est nommé maître de conférences à l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, où il devient professeur d’histoire médiévale après l’obtention de son habilitation à diriger des recherches en 2009. Il a notamment publié L’Aristocratie médiévale : la domination sociale en Occident, ve – xve siècle, Paris, Armand Colin, 2004 et Noblesse, parenté et reproduction sociale à la fin du Moyen Âge, Paris, Picard, 2017. L’étiquette « histoire sociale » est-elle une étiquette que vous revendiquez dans vos travaux ? Je ne revendique pas spécifiquement l’étiquette d’« histoire sociale ». En revanche, je revendique systématiquement le fait que l’histoire, en l’occurrence l’histoire médiévale, n’a de sens qu’à condition qu’elle contribue à l’intelligibilité de la société, ici médiévale, du point de vue de son fonctionnement et de sa dynamique de transformation (puisque toutes les sociétés se transforment, n’en déplaise à ceux qui proclament la fin de l’histoire). Donc « histoire sociale », je n’ai rien contre, mais il est vrai que je ne l’utilise pas beaucoup. Je préfère effectivement quelque chose qui serait l’histoire de la société médiévale – même si le qualificatif « médiévale » sou ven., 30 mai 2025 00:00:00 +0200 https://www.ouvroir.fr/rhs/index.php?id=101 Une histoire des différences sociales : faire l’histoire des « vraies gens » https://www.ouvroir.fr/rhs/index.php?id=103 Didier Lett (né en 1959) est un historien français, spécialiste des sociétés européennes médiévales occidentales. Après sa thèse de doctorat en 1995 (L’Enfant des miracles. Enfance et société au Moyen Âge (xiie-xiiie siècle), Paris, Aubier, 1997), il devient maître de conférences à l’université de Versailles-Saint-Quentin-en-Yvelines, puis en 2000 maître de conférences à l’université de Paris 1 Panthéon-Sorbonne. Après l’obtention de son habilitation à diriger des recherches en 2006 (Un procès de canonisation au Moyen Âge. Essai d’histoire sociale. Nicolas de Tolentino, 1325, Paris, PUF, 2008), il est nommé professeur à l’université Paris-Diderot. Il a publié entre autres : Famille et parenté dans l’Occident médiéval (ve-xve siècles), Paris, Hachette, 2000 ; Frères et sœurs. Histoire d’un lien, Paris, Payot, 2009 ; Hommes et femmes au Moyen Âge. Histoire du genre xiie-xve siècle, Paris, Armand Colin, 2013. Commençons par votre itinéraire, et sans doute la figure de Christiane Klapisch-Zuber, sous la direction de laquelle vous avez fait votre thèse. Après mon DEUG à Tours, je suis monté à Paris, en grande partie avec l’espoir de passer les concours. Lorsque j’ai fait ma maîtrise en 1982, déjà sur l’enfance1, la même année que je passais le CAPES, je me suis inscrit pleinement dans la tendance de l’époque, qui était l’anthropologie historique. Moi, j’avais envie de travailler sur les catégories sociales, il s’agissait donc pleinement d’anthropologie historique très structuralis ven., 30 mai 2025 00:00:00 +0200 https://www.ouvroir.fr/rhs/index.php?id=103