Catastrophes et capitalisme. Produire et tirer profit des feux de forêt dans les Landes de Gascogne (2022)

  • Katastrophen und Kapitalismus: Die Waldbrände in den Landes de Gascogne bei Bordeaux (2022)

DOI : 10.57086/apropos.284

Zusammenfassungen

Isabelle Desportes s’intéresse à la fabrique des catastrophes naturelles à travers l’exemple des feux qui ont ravagé, à l’été 2022, la forêt des Landes de Gascogne. Ces catastrophes sont qualifiées de naturelles alors qu’elles ne le sont pourtant pas : d’une part, parce que les activités humaines, via le réchauffement climatique, affectent de plus en plus la probabilité de survenance des phénomènes météorologiques qui les déclenchent ; d’autre part, parce que la vulnérabilité des territoires à ces risques est le produit de la dynamique d’accumulation du capital et de stratégies foncière dans la longue durée, tel que le développement forestier puis touristique dans le cas des Landes. Mais le capital trouve aussi à se déployer avec la catastrophe, soit que la prévention et la gestion des catastrophes soient traversées de logique néolibérale, soit que la catastrophe elle-même ouvre de nouveaux espaces à l’appropriation capitaliste.

Der Aufsatz untersucht die Waldbrände in den Landes de Gascogne bei Bordeaux im Sommer 2022, die von den meisten Betroffenen als ein überwältigendes kollektives Ereignis erlebt wurden. Mehr als 30.000 Hektar Fläche wurden zerstört, über 50.000 Menschen evakuiert und rund 3.000 Feuerwehrkräfte aus 60 französischen Départements sowie sieben europäischen Ländern waren im Einsatz. Aufbauend auf drei Monaten Feldforschung in der Region (März – Mai 2025), einschließlich Geländebegehungen, Analyse von Sekundärermaterial und 35 halbstrukturierter qualitativer Interviews, wird das Spannungsfeld zwischen „verengten“ und „erweiterten“ Deutungs- und Handlungsspielräumen im Umgang mit Katastrophen beleuchtet.

Die beiden von Bränden heimgesuchten Wälder unterscheiden sich in Topografie, Eigentumsstrukturen und Bewirtschaftungsformen. Rund um La Teste-de-Buch werden sie traditionell genutzt oder staatlich verwaltet, westlich der Gemeinde Landiras ist die Landschaft von privater Kiefer-Monokultur geprägt. Trotz dieser Unterschiede weisen beide Gebiete ähnliche, historisch verankerte Dynamiken der Risikoproduktion auf. Diese sind eng mit ökonomischem Nutzungsdruck verknüpft – sei es durch Übertourismus, Urbanisierung oder intensive Forstwirtschaft – häufig auf Kosten von Umwelt- und Risikoprävention.

Der Aufsatz verfolgt zwei zentrale Ziele. Erstens wird aufgezeigt, wie das neoliberale Paradigma den Umgang vieler staatlicher und mächtiger privater Akteure mit den Waldbränden auf technische und individuelle Lösungsansätze verengt – etwa auf private Versicherungen, auf für Anlieger verschärfte Pflichten zur Räumung von Unterholz oder auf Investitionen in Überwachungs- und Brandbekämpfungstechnik. Zweitens wirft die Studie Licht auf kommunale und zivilgesellschaftliche Initiativen wie juristische Auseinandersetzungen um Risikopräventionspläne oder Proteste gegen neue Ölbohrungen auf verbrannten Flächen. Diese zeichnet aus, dass sie die lokale mit der globalen Ebene verknüpfen, eine größere zeitliche Skala anlegen (und damit historische Risikoproduktionsprozesse, den Klimawandel und die Rechte künftiger Generationen miteinbeziehen) und neue Themen einbringen: Forstpolitik, Korruptionsbekämpfung, den Erhalt öffentlicher Dienstleistungen oder die Rechte der Natur.

Die Brände erscheinen somit sowohl als Symptom der Klimakrise als auch als Katalysator gesellschaftlicher Auseinandersetzungen. Eine systematische Integration sozialer und ökologischer Gerechtigkeitsfragen in die Katastrophendeutung sowie eine tiefgreifende sozio-ökologische Transformation – jenseits kapitalistischer Wachstumslogiken – erweisen sich als Voraussetzungen, um zukünftige Risiken gerechter und wirksamer zu bewältigen.

Gliederung

Text

Ce travail a été rendu possible grâce aux financements du ministère de l’Éducation et de la recherche allemand ainsi que de la Fritz Thyssen Stiftung.

Introduction

Élevage intensif et zoonoses, surpêche et destruction des moyens de subsistance des petits pêcheurs, production non régulée1 de plastique dont on retrouve désormais des traces jusque dans notre sang… On le sait : suivant l’impératif de production et d’accumulation du capital comme une fin en soi, le capitalisme surexploite notre environnement et nos ressources. Il engendre ainsi non seulement des risques sanitaires, écologiques et sociaux, mais va jusqu’à remettre en cause les fondements mêmes de la civilisation humaine sur Terre2.

En contraste, le lien entre capitalisme et catastrophes dites « naturelles » peut paraître moins évident. Après tout, les inondations, sécheresses et tremblements de terre dévastateurs ne pourraient-ils pas être la simple conséquence d’excès hydrométéorologiques ou encore de mouvements profonds de failles tectoniques ?

Depuis les années 1970, les chercheurs en sciences sociales s’inscrivant dans le paradigme dit de la vulnérabilité montrent bien au contraire que l’action humaine joue un rôle primordial dans la production de ces catastrophes, et ce de trois manières principales3. Premièrement, le changement climatique – qui trouve ses origines dans la révolution industrielle du xviiie siècle, son accélération après 1945, et plus encore avec la mondialisation néolibérale4 – agit comme démultiplicateur des aléas naturels. En se penchant sur les feux de forêt en Espagne et au Portugal de l’été 2025, les plus graves de ces trente dernières années, les chercheurs du réseau World Weather Attribution estiment que l’augmentation de la température moyenne de 1,3 °C par rapport à la moyenne préindustrielle accroît le risque d’incendie de forêt par 40 et leur intensité de 30 % sur la péninsule ibérique5. Deuxièmement, la vulnérabilité aux catastrophes résulte elle-même de dynamiques sociales et économiques. Le délaissement des forêts en raison de l’exode rural, du vieillissement de la population, ou, au contraire, leur encerclement par la pression immobilière – c’est le cas dans les zones suburbaines et montagneuses autour de Los Angeles, régulièrement affectées par des incendies6 – contribuent à constituer des charges de combustible importantes ou à provoquer des départs de feux plus fréquents à proximité des habitations. La vulnérabilité est socialement différenciée selon les lignes de genre et de classe, entre autres7. De fait, certains ménages auront les moyens de bénéficier de réserves d’eau ou de souscrire à des brigades de protection privées contre les incendies, d’autres non. Troisièmement, il est possible de se préparer afin que les aléas naturels ne se muent pas en catastrophes, que ce soit par la mise à disposition de Canadairs ou par le maintien d’un système de santé public capable de prendre rapidement en charge les blessés. À chaque fois, des choix se posent. Cela rend alors les catastrophes « non naturelles », mais aussi éminemment politiques. Ces dernières apparaissent ainsi comme intrinsèquement liées à notre système de production capitaliste actuel.

Le présent article s’attache à approfondir ces dynamiques à travers l’exemple des feux de forêt qui ont dévasté, durant l’été 2022, plus de 30 000 hectares dans le plus grand massif forestier d’Europe : les Landes de Gascogne. Hypermédiatisés, ces incendies ont entraîné l’évacuation préventive de plus de 50 000 habitants et mobilisé 3 000 sapeurs-pompiers issus de 60 départements français ainsi que de sept pays européens8. Selon les bilans officiels, les incendies n’ont fait aucune victime, négligeant d’inclure les cinq personnes âgées décédées dans les jours suivant l’évacuation de leur maison de retraite9. On reprendra ici les éléments d’un cadre théorique, développé en collaboration avec Ricardo Fuentealba, visant à saisir le champ de tension entre, d’une part, les efforts pour élargir l’échelle spatiotemporelle et thématique à travers laquelle différents acteurs interprètent et agissent face aux catastrophes, et, d’autre part, les efforts pour restreindre activement cette même échelle10. Par sa propension à promouvoir des solutions individuelles face à des problèmes de société11 et, ce faisant, à déresponsabiliser les institutions sociales pourtant chargées de protéger les populations en situation de crise12, le néolibéralisme joue un rôle central dans ces dynamiques.

Cet article ne cherchera pas à restituer de manière exhaustive les enseignements tirés de trois mois de terrain mené entre mars et mai 2025 dans la région bordelaise, riches en observation, arpentages, collecte de matériel secondaire, conversations informelles et entretiens semi-directifs avec 35 interlocuteurs aux profils divers, qui presque tous soulignent le caractère « hors norme » et extrêmement violent des incendies13… Il vise plutôt à en donner un aperçu, notamment à travers des exemples situés aux extrêmes de ce champ de tension spatiotemporelle et thématique. On notera que les pratiques de gestion forestière font l’objet d’autres articles – notamment par Arthur Guérin-Turcq qui appréhende la forêt landaise comme « l’image même d’une nature façonnée par le capital » et le « reflet de ses excès » – et seront donc moins centrales ici14.

Pour commencer, il convient toutefois de présenter les deux territoires dévastés par les feux de 2022 : la forêt de La Teste-de-Buch, située au sud de la baie d’Arcachon et les forêts du plateau landais, à l’ouest de Landiras.

Territoires contrastés, logiques de création de risque convergentes

Le 12 juillet 2022, des incendies éclatent à quelques heures d’intervalle sur deux territoires forestiers contrastés, bien que distants de seulement quelques dizaines de kilomètres15. D’abord, vers 15 heures, la camionnette d’un camping prend feu sur une piste forestière dans la forêt usagère de La Teste-de-Buch. L’incendie sera complètement éteint le 25 août, ravageant des forêts aux caractéristiques typiques de cette partie du massif au territoire plus accidenté : 1 028 hectares de forêt domaniale et 80 % des 8 500 hectares de la forêt usagère, qualifiée par ses détracteurs comme « non entretenue » due à son statut juridique unique16. Une heure plus tard, ce même 12 juillet, un autre départ de feu est constaté près de Landiras, il sera fixé le 25 juillet. La reprise de feu dite « Landiras 2 » a débuté le 9 août 2022 et a été définitivement éteinte le 28 septembre 2022. Dans cette partie des Landes, la forêt parsemée de rares bourgs prend majoritairement la forme d’une monoculture intensive constituée à 80 % de pins maritimes et 20 % de feuillus. Elle s’étend sur près d’un million d’hectares, dont plus de 92 % en propriété privée selon l’association interprofessionnelle FIBOIS Landes de Gascogne17. Aujourd’hui, selon la même association, la filière bois emploie 32 000 personnes et génère 3 milliards d’euros de chiffre d’affaires annuel sur le territoire.

Nonobstant les différences en topographie, densité de population, type de propriété forestière, droits d’usage, composition des essences et gestion forestière, ces deux contextes forestiers révèlent des dynamiques de création de risque similaires. Ces dernières sont liées à une logique d’accumulation capitaliste et à la pression de rentabilité économique pesant sur le territoire au détriment de la protection de l’environnement et de prévention des risques. Dans les deux cas, la figure de Napoléon III joue un rôle moins anecdotique qu’on pourrait le penser.

En effet, le décret impérial de 1857 érige Arcachon en ville autonome et marque le début d’un important essor touristique. Au xxie siècle, ses conséquences incluent une forte pression démographique, touristique et immobilière, avec des processus concomitants de littoralisation, périurbanisation et métropolisation ; le foncier apparaît alors comme élément central de tension entre « attractivité et protection18 ». Christine Bouisset évoque une « urbanisation anarchique » qui aggrave les risques incendie, étant donné que 80 % des départs de feux ont lieu à moins de 50 mètres des habitations19. Fait notable, les associations écologistes actives dans le bassin d’Arcachon ont développé une expertise poussée en ce qui concerne les batailles juridiques et administratives. Parmi de nombreux exemples, on peut citer la Coordination environnementale du bassin d’Arcachon (CEBA) qui a saisi le tribunal administratif en juin 2021 et déposé en août 2022 une plainte pénale visant à contraindre les services de l’État à exiger et à mettre en œuvre l’élaboration d’un Plan de prévention des risques d’incendies de forêt (PPRIF) en août 2022. Selon la CEBA, la mise en application d’un PPRIF aurait permis d’éloigner les activités humaines du massif forestier, notamment la fermeture à la circulation de la piste 214 sur laquelle la camionnette de camping a pris feu le 12 juillet20. La CEBA s’est par ailleurs associée à l’association Audenge Citoyenne et au collectif national Notre affaire à tous pour une plainte concernant le non-respect de la loi littoral. Un membre des Écocitoyens du bassin d’Arcachon, collectif qui définit son mandat comme visant à faire respecter les « lois environnementales, tout en dénonçant l’urbanisation excessive et les pollutions », travaille à présent avec l’association Anticor et tente de médiatiser nationalement ces batailles locales. Lors d’un entretien, il pointe du doigt l’absence de contrôles d’urbanismes (« pas de diagnostic, pas de problème ») ainsi que la corruption autour des permis de construction délivrés par les élus sur le bassin :

Il y a une pression immobilière qui est telle, l’argent qui est en jeu… […] Et nous, ce qu’on dit, c’est qu’il y a un déni de vulnérabilité du bassin. On nous dit pas de canicule, pas d’érosion, pas de submersion, pas de sécheresse, pas d’inondation. Ben, si. Les feux de forêt, on est en alerte rouge. […] Il y a déni car accepter le risque, c’est freiner la croissance démographique, et donc l’urbanisme21.

Un autre marqueur de l’influence de Napoléon III est la loi de 1857 dite « d’assainissement et de mise en culture des Landes de Gascogne ». Elle initie la plantation massive de résineux qui façonne encore aujourd’hui le paysage du territoire touché par les feux de Landiras 1 et 2. L’exploitation intensive de la résine et du bois a créé de nouvelles richesses et contribué à la fixation de la dune littorale. Elle a aussi détruit l’équilibre agropastoral qui caractérisait le plateau landais et consolidé le pouvoir économique et politique des élites locales22. Comme pour préparer le terrain à cette loi, au cours des décennies précédant 1857, de nombreux écrits dépeignent les Landes comme un espace marginal et dégradé, un « Sahara français » parcouru de « bergers sur échasses revêtus de peaux de moutons […] considérés comme les stigmates d’un pays dégénéré23 ». La monoculture du pin maritime, décrit comme seul capable de prospérer sur les sols acides et sablonneux, apparaît alors comme la seule solution. Le surnom « arbre d’or », utilisé depuis le début du xxᵉ siècle, n’est pas le seul attribué au pin maritime. Francis Dupuy24 a forgé l’expression « pin de la discorde » ; le résineux, ainsi que le modèle d’exploitation landais auquel il est associé, suscitent débats et passions ravivés par les incendies de 2022. Le modèle d’exploitation forestière de la fast forest, qui conçoit ces espaces comme un réservoir dont il s’agit d’extraire un maximum de ressources et de profit, contribue à accroître le risque d’incendie25. Les membres d’associations telles que Canopée, Pro Silva ou Forêt vivante Sud-Gironde critiquent les coupes rases, les plantations monospécifiques en couvert continu – appauvrissant les sols et les réserves en eau et favorisant les feux de cime – ainsi que le manque d’espace réservé aux lisières et aux pistes de prévention du risque incendie.

Feux de forêts, sources de profits ?

Les logiques d’accumulation capitaliste apparaissent donc étroitement liées aux processus de production des catastrophes. Or, les feux de forêt ne constituent pas toujours un moment de remise en question de ces dynamiques, ils peuvent même les renforcer. Cette réalité est bien identifiée par les associations écologistes locales. Le 26 décembre, neuf associations du bassin d’Arcachon publient un communiqué de neuf pages recensant sous la forme d’un tableau les « menaces » craintes ou observées concernant la forêt usagère et « l’intérêt général26 ». Elles y dépeignent les incendies de 2022 comme une possible accélération de « l’accaparement et d’une mutation mercantile, mijotée de longue date » contre laquelle il serait nécessaire d’agir.

À la suite d’un événement collectivement aussi marquant que les feux hors normes de 2022, des changements de discours et de pratiques remettant en question le statu quo sont bien sûr observables. On notera, par exemple, une position commune de l’interprofessionnelle FIBOIS et de l’association SEPANSO Gironde, membre de France Nature Environnement, qui préconise, entre autres, la protection et la restauration des ripisylves et des zones humides, ainsi que la reconstitution des forêts incendiées « en utilisant les synergies entre pins maritimes et feuillus27 ». Les limites que le territoire impose à de tels objectifs restent mentionnées dans le communiqué. Autre rapprochement notable entre acteurs relayé par un expert forestier et membre de l’association Pro Silva, qui s’engage particulièrement en faveur des pratiques de régénération naturelle : depuis les feux, son association est invitée à prodiguer des ateliers dans le cadre de formations organisées par le Syndicat des sylviculteurs du Sud-Ouest et à participer à la foire forestière FOREXPO. L’expert forestier se montre optimiste, soulignant également les succès de l’association Canopée, qui se distingue par ses actions militantes, de communication et de plaidoyer auprès des décideurs politiques, et dont l’implantation en Gironde s’est accrue après les feux de 2022 :

Il y a une conjonction à la fois du sinistre, du feu et l’action de Canopée. C’est une action conjointe, si vous voulez, ou coordonnée, je ne sais pas comment l’appeler, entre le feu et Canopée, qui a détruit des murs et qui a ouvert des perspectives nouvelles ici, dans la filière forestière landaise […]. On a des propriétaires qui viennent vers nous pour qu’on prenne en main leur forêt, on a des journalistes, beaucoup de journalistes qui nous sollicitent, des étudiants, des associations, on ne peut pas répondre28.

Dans l’ensemble, toutefois, les acteurs détenteurs du pouvoir sont peu enclins à remettre en cause les logiques capitalistes face aux catastrophes dans la mesure où ils en tirent profit. En ce qui concerne le « fire industrial complex » (« complexe industriel du feu »), la situation des Landes est loin des sommes financières en jeu en Australie par exemple. Ce pays, en première ligne face au risque d’incendie – lors du Black Summer de 2019-2020, presque 80 % des Australiens étaient affectés par la pollution due aux fumées des incendies, lesquels ont ravagé une surface estimée entre 24 et 40 millions d’hectares29 –, voit sa seule industrie des robots de lutte anti-incendie peser un chiffre d’affaires de 37,1 millions de dollars US en 202430. La tendance est néanmoins mondiale. Présentant un exemple parmi d’autres, le site internet de FIBOIS met en avant, en 2022, les atouts d’une forêt « toujours plus connectée », dotée d’une « panoplie d’outils numériques » permettant de « mieux [la] protéger, photo de drone à l’appui ».

Arthur Guérin-Turcq identifie plusieurs solutions néolibérales mises en œuvre face au risque incendie31. Parmi celles-ci figurent le développement du marché de l’assurance incendie, encouragé par la législation de juillet 2023 visant à renforcer la prévention et la lutte contre l’intensification des feux, ainsi que des campagnes de reboisement liées au marché carbone (l’acquisition de terres et de crédits carbone par de grands groupes financiers, souvent peu impliqués dans la gestion locale des parcelles). De nouvelles prestations, comme la création de haies de feuillus entre parcelles de résineux, sont également proposées, notamment par la coopérative Alliance Forêt Bois, plus grand groupe coopératif forestier en France. Selon les associations écologistes telles que Forêts Vivantes Sud-Gironde, il s’agit là de greenwashing. En effet, la coopérative « montre, certes, des gages d’écologisation de ses pratiques, mais c’est pour mieux poursuivre l’industrialisation de la plantation sur le reste de la surface32 ». On peut ajouter à cette liste des profits accaparés après les incendies, les coupes rases et ventes « préventives » de bois sur des sites labélisés Natura 2000 de la forêt usagère, officiellement mises en œuvre pour limiter la propagation des scolytes dans les zones rapidement parcourues par les incendies de 2022. Ces pratiques sont dénoncées par Bassin d’Arcachon Écologie, qui se mobilise sur le sujet notamment à travers des visites et expertises de terrain33.

Restreindre ou élargir le champ d’interprétation et d’action sur les catastrophes

Les solutions néolibérales citées ci-dessus sont principalement d’ordre technique, logistique et financier. Elles sont souvent applicables à l’échelle individuelle et remettent peu, voire pas du tout, en cause les dynamiques d’accumulation du capital qui contribuent à la création du risque incendie, que celles-ci soient d’ordre de la gestion forestière ou de l’urbanisme. Cela est notamment rendu possible par un cadrage « restreint » du feu et de ses origines. Par exemple, si la focale est mise sur certains aspects (les accidents ou les individus pyromanes à l’origine de l’embrasement ; le laps de temps très court entre les deux départs de feu, qui a fortement compliqué leur extinction ; ou encore la présence de masses de combustibles trop importantes situées directement sur ou dans un rayon de 50 mètres autour de propriétés privées en forêt), alors les solutions proposées vont s’inscrire dans une amplitude temporelle, spatiale ou thématique similaire. En miroir, cela se traduit par la mise en avant des mesures suivantes : le renforcement des moyens humains et techniques de surveillance du massif ; l’amélioration des moyens de lutte contre le feu (investissements en infrastructures, meilleure formation et coordination des acteurs de terrain…) ; le durcissement des Obligations légales de débroussaillement (OLD) à destination des propriétaires, locataires et collectivités publiques à l’échelle communale, assorti de contrôles et de sanctions.

Les OLD jouent un rôle central dans la loi du 10 juillet 2023 sur la prévention et la lutte contre le risque incendie34. La mesure présente un potentiel certain pour faciliter l’accès des secours, réduire l’exposition et limiter les départs de feux dans les lotissements, selon l’association Défense des forêts contre les incendies (DFCI)35. Toutefois, lors des échanges avec les habitants des territoires touchés, les OLD figuraient parmi les premiers points soulevés de manière critique, et ce toujours de façon spontanée, en raison de leur caractère difficilement praticable. Cela concerne par exemple les personnes âgées ou dépourvues d’outils onéreux et difficiles à manier qui se voient néanmoins contraintes de débroussailler, y compris sur les parcelles appartenant à des gestionnaires ou grands groupes forestiers attenantes à leur maison si elles se trouvent dans le périmètre des 50 mètres. Ces éléments mettent en évidence les limites des solutions visant principalement à responsabiliser les individus.

Le cadrage du discours et l’active mise en avant de certaines solutions ne sont pas neutres. Contrastant avec les cadrages « restrictifs » soulevés ci-dessus, d’autres acteurs – principalement des associations écologistes, mais également certains élus et gestionnaires forestiers – adoptent une focale temporelle et spatiale beaucoup plus large. Ce faisant, ils mobilisent des thématiques variées. Celles-ci vont de la lutte contre la corruption aux politiques d’austérité et à leurs effets sur les services publics, notamment ceux dédiés à la prévention et à la lutte contre les incendies. S’y ajoutent des réflexions autour des « droits de la nature » – par exemple, l’initiative « Ciron Bien Commun Naturel et Culturel » du Cercle des juristes sur les droits de la Nature vise à reconnaître des droits à la vallée du Ciron, qui a failli être menacée par les feux de 2022, mais n’était pas considérée comme prioritaire à protéger selon l’ordre d’opérations « feux de forêt » des services d’incendie et de secours36 –, ainsi que les enjeux liés à l’extraction des énergies fossiles et au changement climatique.

Ce dernier thème illustre comment les associations et collectifs locaux, en particulier, s’attachent à relier les échelles locales et globales, à croiser les dimensions temporelles (passé, présent, futur) et à articuler des thématiques multiples : enjeux sociaux et environnementaux touchant aussi bien les pays dits du Nord que ceux du Sud, trajectoires historiques de création du risque, prise en compte des intérêts des générations futures, ainsi que les causes et les conséquences du changement climatique. En mars 2023, la conférence de presse de L’Affaire du siècle qui marque le premier anniversaire de la plainte pour inaction climatique contre l’État français est organisée sur une parcelle brulée dans les Landes. Au printemps 2023, le conseil départemental de Gironde et Oxfam France ont organisé le passage de l’« Oxfam Trailwalker37 » sur un territoire récemment touché par les feux, afin d’inciter les journalistes à traiter du « sujet du changement climatique et de ses victimes » ainsi que des enjeux de justice sociale et climatique Nord-Sud38. De même, le collectif local Stop pétrole bassin d’Arcachon, formé après les feux de 2022, s’est mobilisé contre le projet de Vermilion Energy visant à ouvrir huit nouveaux forages pétroliers sur les territoires dévastés. Au cours d’une intense mobilisation – incluant pétitions, action de désobéissance civile devant la préfecture de la Gironde, interpellations d’élus lors de cérémonies officielles, plaidoyer dans les médias locaux et nationaux, souvent en collaboration avec des élus progressistes ou des activistes (comme Greta Thunberg présente à une des manifestations) – le collectif dénonce « l’aberration » d’un forage pétrolier « [a]u même endroit » où « les forêts de La Teste-de-Buch et alentours ont été dévastées par d’immenses incendies39 ».

Dans cette controverse, la position initiale de la commissaire enquêtrice, relayée par une membre de Stop pétrole bassin d’Arcachon, est révélatrice :

Elle disait que tous les avis négatifs qui avaient été rendus, c’était pas sur l’impact local, direct, c’était des commentaires sur les émissions de manière générale. Et que donc, pour elle, c’était pas un argument suffisant […] En fait, elle, elle disait qu’une enquête publique doit relever des problématiques vraiment s’il y avait eu des pollutions de riverains, qui avaient ressenti des effets sur leur santé, des choses comme ça40.

Cette approche entre en net contraste avec le message des membres du collectif et des scientifiques, qui soulignent la « nécessité urgente de cesser toute nouvelle exploitation d’énergies fossiles, en attendant de réduire rapidement l’utilisation des ressources existantes41 ». Ici encore, le débat suivant les feux de 2022 met en évidence le champ de tensions entre cadrages aux échelles « restreintes » et « élargies » : limiter l’analyse à l’impact local immédiat restreint également le champ d’action face aux multiples causes systémiques de la catastrophe. La décision finale, tombée en mai 2025, a finalement tranché en faveur du collectif : aucun forage supplémentaire ne sera autorisé et la concession existante ne sera pas renouvelée après 2035.

Conclusion

Alors que la fréquence et l’intensité des catastrophes s’accroissent à l’échelle mondiale, les feux de forêt apparaissent à la fois comme un symptôme et un symbole de l’emballement climatique actuel, mais aussi comme un révélateur de processus plus profonds de création de risques, intrinsèquement liés aux logiques d’accumulation capitaliste.

L’objectif de cet article est double. D’une part, montrer comment le néolibéralisme tend à réduire le champ d’interprétation et d’action face aux incendies, en privilégiant des réponses techniques, logistiques et individuelles tout en laissant intactes les dynamiques structurelles qui contribuent à la production des catastrophes. D’autre part, mettre en lumière les pratiques qui, au contraire, cherchent à élargir ce champ. Ces dernières – portées notamment par des associations locales, des scientifiques et des collectivités territoriales – articulent les échelles locales et globales, croisent les dimensions temporelles (trajectoires historiques de création du risque, présent et difficile lutte contre les incendies, changement climatique et intérêts des générations futures) et relient des thématiques multiples : politiques forestières, corruption, services publics, droits de la nature, faire respecter ou évoluer le cadre législatif relatif aux questions d’urbanisme… Ces initiatives ne sont pas exemptes de frictions, que le présent article n’a pas pu traiter. Certaines interventions – par exemple la conférence de presse de L’Affaire du siècle organisée sur une parcelle forestière dévastée en 2023 – ont été perçues négativement par une partie des habitants des bourgs avoisinants, soulevant des questions éthiques sur l’usage public et stratégique de la souffrance des victimes de catastrophes.

Le cadrage des catastrophes – qu’il soit restreint ou élargi – détermine à la fois leur perception collective et les politiques ou dispositifs d’action qui en découlent. Le choix des échelles d’analyse apparaît central. Toutes les échelles conservent leur importance : il ne s’agit pas de négliger la réflexion sur les moyens de lutte contre l’incendie, sur les dispositifs de prévention de risque ou sur les transformations nécessaires à l’échelle des parcelles et des massifs forestiers. Trop souvent toutefois, l’examen des causes profondes de la production du risque reste absent. Intégrer de façon systématique les enjeux de justice sociale et environnementale dans ces cadrages, et les relier à une transformation socioécologique en profondeur, permet d’enrichir la compréhension des risques et de concevoir des réponses plus justes et mieux adaptées aux défis sociaux, politiques et écologiques liés au changement climatique. En ce sens, s’émanciper du modèle capitaliste et promouvoir une transformation socioécologique profonde de nos sociétés revient également à « lutter contre les catastrophes ».

Bibliografie

Zask Joëlle, Quand la forêt brûle. Penser la nouvelle catastrophe écologique [2019], Paris, Premier Parallèle, 2022.

Anmerkungen

1 Comme l’ont montré les négociations bloquées par les pays producteurs de pétrole en août 2025 : Jianping Guo, Rui Hu, « The Plastics Treaty: Steps Forward, Agreement Deferred », Frontiers in Marine Science, vol. 12, 2025. Zurück zum Text

2 Kohei Saito, Marx in the Anthropocene. Towards the Idea of Degrowth Communism, Cambridge, Cambridge University Press, 2022 ; Michael Löwy, « De Karl Marx à l’écomarxisme », Actuel Marx, no 76, 2024, p. 13-24 ; Cédric Durand, Razmig Keucheyan, Comment bifurquer. Les principes de la planification écologique, Paris, La Découverte, 2024. Voir à ce sujet le concept de « rupture métabolique » (« Riss des Stoffwechsels ») développé par Karl Marx pour désigner la disjonction entre les sociétés humaines et leur environnement naturel : John Bellamy Foster, « Marx’s Theory of Metabolic Rift: Classical Foundations for Environmental Sociology », American Journal of Sociology, vol. 105, no 2, 1999, p. 366-405. Zurück zum Text

3 Paul Susman, Phil O’Keefe, Ben Wisner, « Global Disasters, a Radical Interpretation », in Interpretations of Calamity. From the Viewpoint of Political Ecology, Hewitt Kenneth (dir.), Winchester, Allen & Unwin Inc., 1983, p. 263-280. Zurück zum Text

4 Nicolas Bréon, « Présentation du numéro spécial », Actuel Marx, vol. 76, 2024, p. 7-11. Zurück zum Text

5 World Weather Attribution, « Extreme Fire Weather Conditions in Spain and Portugal Now Common Due to Climate Change », 4 septembre 2025, https://www.worldweatherattribution.org/extreme-fire-weather-conditions-in-spain-and-portugal-now-common-due-to-climate-change/. Zurück zum Text

6 Mike Davis, Ecology of Fear. Los Angeles and the Imagination of Disaster [1998], New York, Verso, 2022. Zurück zum Text

7 Susan Cutter, Christopher Emrich, Jerry Mitchell et al., « The Long Road Home: Race, Class, and Recovery from Hurricane Katrina », Environment. Science and Policy for Sustainable Development, vol. 48, no 2, 2006, p. 8-20. Zurück zum Text

8 Préfète de la Région Nouvelle-Aquitaine, « Incendies Été 2022. Gironde et Landes. Retour d’expérience », 2022, https://www.gironde.gouv.fr/contenu/telechargement/64007/426953/file/RETEX%20incendies%20-%20Gironde%20et%20Landes%20-%20octobre%202022.pdf. Zurück zum Text

9 Baptiste Robin Louis Courtois, « Impacts des incendies de l’été 2022 en Gironde sur le secteur de soins primaires », thèse de médecine, Université de Bordeaux, 2024. Zurück zum Text

10 Isabelle Desportes, Ricardo Fuentealba, « Restricting and Expanding Spatio-Temporal and Thematic Scopes: Political Disaster Interpretations in Chile », in Critical Disaster Studies in Asia and the Pacific, Shinya Uekusa, Kien Nguyen-Trun, Sebastien Boret (dir.), Shanghai, Palgrave, à paraître. Zurück zum Text

11 Philippe Bourbeau, Caitlin Ryan, « Resilience, Resistance, Infrapolitics and Enmeshment », European Journal of International Relations, vol. 24, no 1, 2018, p. 221-239. Zurück zum Text

12 Katie Peters, David Keen, Tom Mitchell, When Disasters and Conflicts Collide: Improving Links between Disaster Resilience and Conflict Prevention, Overseas Development Institute, Humanitarian Policy Group, 2013, https://odi.org/en/publications/when-disasters-and-conflicts-collide-improving-links-between-disaster-resilience-and-conflict-prevention/. Zurück zum Text

13 Trente-cinq entretiens semi-directifs et discussions de groupe ont été menés auprès d’acteurs divers – habitantes des villages landais, résidents de Bordeaux ou du bassin d’Arcachon ; gestionnaires forestiers, journaliste, médecin, élus locaux (du maire au président du département de la Gironde), ainsi que des membres de collectifs écologistes tels que Forêt vivante Sud-Gironde, Bassin d’Arcachon Écologie (spécialisé dans les batailles juridiques) ou Stop Pétrole Bassin d’Arcachon (mobilisé via manifestations, désobéissance civile et autres actions directes). Zurück zum Text

14 Arthur Guérin-Turcq, « Le feu et le capital. Les incendies dans les Landes des Gascogne en 2022 », Études rurale, no 214, 2024, p. 90-115. Zurück zum Text

15 Victor Piganiol, « Un an après, retour sur les incendies forestiers en Gironde de 2022 », Géoconfluences, 2023, https://geoconfluences.ens-lyon.fr/actualites/veille/breves/incendies-gironde-2022. Zurück zum Text

16 L’interdiction faite aux propriétaires de récupérer des bois au sol et de couper les arbres en dehors d’un plan de gestion, élaboré en concertation avec les habitants des communes limitrophes, y constitue un usage hérité du Moyen Âge. Après les feux de 2022, certains acteurs politiques et forestiers ont tenté de remettre en cause cet usage, mais sans succès, grâce notamment aux mobilisations citoyennes et d’associations telles que l’Association de défense des droits de la forêt usagère (entretien réalisé le 24 juin 2025). Office national des forêts, « Feu de forêt de La Teste-de-Buch : deux ans après l’incendie, les forestiers restent fortement mobilisés », 2024, https://www.onf.fr/vivre-la-foret/+/1bce::foret-de-la-teste-de-buch-un-an-apres-lincendie-lonf-dresse-le-bilan.html. Zurück zum Text

17 FIBOIS Landes de Gascogne, « La filière bois Landes de Gascogne », 2022, https://fibois-landesdegascogne.fr/la-filiere/. Zurück zum Text

18 Mayté Banzo, Clarisse Cazals, Véronique André-Lamat, « Le bassin d’Arcachon entre attractivité et protection. Avant-propos », Sud-Ouest européen. Revue géographique des Pyrénées et du Sud-Ouest, no 45, 2018, p. 13-24. Zurück zum Text

19 Christine Bouisset, « L’urbanisation anarchique, facteur aggravant des incendies dans les Landes », The Conversation, 2022, http://theconversation.com/lurbanisation-anarchique-facteur-aggravant-des-incendies-dans-les-landes-188619. Zurück zum Text

20 Entretien réalisé le 24 avril 2025. Zurück zum Text

21 Entretien réalisé le 31 mars 2025. Zurück zum Text

22 Marie Desmartis, Une chasse au pouvoir. Chronique politique d’un village de France, Toulouse, Anarcharsis, 2012. Zurück zum Text

23 Ibid., p. 50. Zurück zum Text

24 Francis Dupuy, Le Pin de la discorde. Les rapports de métayage dans la Grande Lande [1990], Paris, Éditions de la MSH, 1996. Zurück zum Text

25 Joëlle Zask, Quand la forêt brûle. Penser la nouvelle catastrophe écologique [2019], Paris, Premier Parallèle, 2022. Zurück zum Text

26 Association de sauvegarde du patrimoine immobilier et environnemental testerin, Bassin d’Arcachon Écologie, Collectif Tous ensemble pour la forêt, Comité de défense et de protection de la presqu’île de Lège-Cap Ferret, Coordination environnement du Bassin d’Arcachon, Écocitoyens du Bassin d’Arcachon, Gujan Mestras Environnement, L’Arbre et moi, Vive la forêt, « Forêt Usagère de La Teste-de-Buch – l’incendie, et Après ?! », Arcachon, 2022. Zurück zum Text

27 FIBOIS Landes de Gascogne, SEPANSO Gironde, « Position commune sur les actions à mener en faveur de la reconstitution des forêts suite aux incendies dans le massif des Landes de Gascogne », Bordeaux, 2022. Zurück zum Text

28 Entretien réalisé le 16 mars 2025. Zurück zum Text

29 Blanche Verlie, Learning to Live with Climate Change. From Anxiety to Transformation, London, Routledge, 2021. Zurück zum Text

30 Grand View Horizon, « Australia Firefighting Robots Market Size & Outlook », 2024, https://www.grandviewresearch.com/horizon/outlook/firefighting-robots-market/australia. Zurück zum Text

31 Arthur Guérin-Turcq, opcit. Zurück zum Text

32 Ibid., p. 105. Zurück zum Text

33 Entretien réalisé le 3 mai 2025. Bassin d’Arcachon Écologie, « Compte rendu visite en forêt usagère du 6 mai 2024 », Arcachon, 2024. Zurück zum Text

34 Loi no 2023-580 du 10 juillet 2023 visant à renforcer la prévention et la lutte contre l’intensification et l’extension du risque incendie. Zurück zum Text

35 Entretien réalisé le 8 avril 2025. Zurück zum Text

36 Jean-Luc Gleyze, Après le feu. Manifeste pour une forêt en héritage, Lormont, Le Bord de l’eau, 2023. L’ordre d’opérations place en premier la protection des personnes et des habitations ; sauver des écosystèmes comme la vallée du Ciron ne fait pas partie des priorités. Comme l’explique le président du département de la Gironde Jean-Luc Gleyze, ibid., p. 45 : « Ripisylve de feuillus, hêtres millénaires, sillon d’eau et verdure classé Natura 2000, [l’écosystème de la vallée du Ciron] est un symbole de cette biodiversité dont il est dit que les Landes de Gascogne en seraient dépourvues. » Zurück zum Text

37 Trail de plusieurs dizaines de kilomètres qui vise principalement à récolter des dons pour l’organisation non gouvernementale. Zurück zum Text

38 Entretien réalisé au siège d’Oxfam France, le 7 mai 2025. Zurück zum Text

39 Stop Pétrole Bassin d’Arcachon, « De nouveaux puits de pétrole sur le Bassin d’Arcachon ? C’est NON », GreenVoice, 2025, https://agir.greenvoice.fr/petitions/vermilion-hors-du-lac-non-aux-nouveaux-puits-de-petrole-dans-le-lac-de-cazaux. Zurück zum Text

40 Entretien réalisé le 2 avril 2025 Zurück zum Text

41 Michael Löwy, opcit., p. 18. Zurück zum Text

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Elektronische Referenz

Isabelle Desportes, « Catastrophes et capitalisme. Produire et tirer profit des feux de forêt dans les Landes de Gascogne (2022) », À propos [Online], 2 | 2026, online gestellt am 23 janvier 2026, aufgerufen am 24 janvier 2026. URL : https://www.ouvroir.fr/apropos/index.php?id=284

Autor

Isabelle Desportes

Centre Marc Bloch.

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