Deshima, numéro 20 (2026) – Traduire la littérature de l’Europe du Nord à l’ère technologique : reconfigurations culturelles, enjeux politiques et mutations professionnelles

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Le monde de la traduction et de la littérature traverse actuellement une phase de profonds bouleversements. Ces évolutions remettent en question des méthodologies bien établies, des hiérarchies institutionnelles, des pratiques professionnelles, mais aussi des imaginaires culturels et littéraires. Elles affectent également les formations universitaires et les modes de circulation des textes, redessinant les contours du champ littéraire mondial.

Pour une revue comme Deshima, consacrée aux relations culturelles, littéraires et linguistiques entre l’Europe du Nord et le monde francophone, il nous semble essentiel, à la veille de son vingtième anniversaire, de consacrer un numéro thématique à la traduction, à l’orée de ces transformations. L’objectif est d’étudier comment des voix issues d’aires linguistiques et géographiques moins dominantes – en raison d’un nombre de locuteurs modeste ou d’un manque de visibilité dans les circuits dominants de la traduction – ont su se faire entendre et d’évaluer ce que peut modifier l’évolution des pratiques traductives.

Ce numéro souhaite notamment mettre en lumière les liens entre les littératures du Nord et du Sud, que ce soit à travers des réseaux historiques de traduction, des logiques d’asymétrie linguistique, ou des circulations indirectes par le biais de langues intermédiaires (comme le français ou l’anglais). Il s’agit aussi d’interroger les écarts – mais aussi les zones d’échange – entre « grandes » et « petites » langues, entre aires centrales et périphériques, entre pratiques traditionnelles et défis liés à l’émergence de nouvelles technologies.

 

Pour son 20ᵉ numéro, Deshima lance donc un appel à contributions sur le thème de la traduction littéraire, envisagée à la fois comme pratique textuelle, enjeu culturel, réalité socio-économique et objet politique. Les propositions pourront s’inscrire dans une perspective synchronique (études de cas contemporains, état des lieux actuels) ou diachronique (histoire des pratiques et des institutions de traduction).

Voici quelques axes thématiques possibles (liste non exhaustive) :

  • Corpus traduit. Quel·le·s auteur·e·s et quelles œuvres sont traduits ? Qui est canonisé à travers la traduction ? Certains pays sont-ils sous-représentés ? Certains genres sont-ils davantage traduits (roman, polar, jeunesse, etc.) ?
  • Traducteur·ices. Qui traduit ? Traduisent-ils/elles de plusieurs langues ? Quel est le rôle du genre, de la formation ou du statut professionnel dans cette activité ?
  • Édition et publication. Quel·le·s maisons d’édition, collections ou réseaux éditoriaux structurent le champ de la traduction littéraire ?
  • Institutions et politiques. Quelles structures (États, fondations, programmes européens, etc.) soutiennent ou orientent les politiques de traduction ?
  • Réception. Quelle est la visibilité des traductions dans la critique littéraire, la presse, les médias spécialisés ? Comment les traductions du Nord sont-elles reçues dans les espaces francophones (et inversement) ?
  • Aspects linguistiques et stylistiques. Quels défis posent les structures grammaticales, la syntaxe ou la prosodie des langues du Nord dans la traduction littéraire ?
  • Paratextes et stratégies éditoriales. Quelle place occupent les préfaces, notes, choix typographiques ou stratégies éditoriales dans l’accueil des traductions ?
  • Étrangéisation vs. domestication. Les traductions valorisent-elles l’« exotisme » de la culture source, ou cherchent-elles à l’effacer au profit d’une lecture qui rend les œuvres plus familières au lectorat cible ?
  • Traductions indirectes (ou relais). Quel rôle le français joue-t-il comme langue de passage ? Certaines œuvres du Nord sont-elles traduites à partir de l’allemand, de l’anglais ou d’une autre langue ?
  • Traduction humaine vs. automatique. Comment les traducteurs littéraires du Nord (et d’ailleurs) perçoivent-ils les avancées de la traduction neuronale ? Quels débats ont cours dans ces milieux ?

Dans la revue Deshima, une attention particulière est portée aux langues nationales de la Scandinavie (et au finnois, à l’islandais, etc.), ainsi qu’au néerlandais. Le comité de rédaction encourage également les propositions portant sur des langues moins diffusées (comme le frison ou d’autres langues nordiques minorées), ou sur des espaces géographiques historiquement connectés à l’Europe du Nord.

Les études comparatives, les analyses de traductions vers d’autres langues que le français, ou encore les travaux sur les dynamiques croisées de traduction (via le français, ou entre espaces culturels) seront également les bienvenus, pourvu qu’un lien explicite soit établi avec la sphère francophone.

Modalités de soumission

Les propositions devront être envoyées à Roberto Dagnino (dagnino@unistra.fr) et Cyrille François (cyrille.francois@unil.ch) avant le 15 septembre 2025. Elles comprendront :

  • un titre ;
  • un résumé de 200 à 300 mots ;
  • 5 mots-clés ;
  • une courte notice biographique (5-6 lignes).

Une réponse sera transmise aux auteur·e·s début octobre. Les articles complets seront attendus pour le 31 janvier 2026. Après évaluation en double aveugle, les textes acceptés seront publiés dans le numéro de novembre 2026.

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