Frhelper comme nouvel outil de l’enseignement/apprentissage du FLE en Chine

Expérimentation en français 2e langue étrangère à l’université des études internationales de Shanghai

DOI : 10.57086/dfles.1849

p. 55-69

Abstracts

Face à la diversité des ressources lexicographiques aujourd’hui disponibles en Chine – dictionnaires papier, outils numériques, applications mobiles, traducteurs automatiques assistés par l’IA, etc – Frhelper s’est progressivement imposé comme un outil privilégié auprès des apprenants chinois. Depuis son lancement en 2004, il est passé du statut de simple dictionnaire électronique à celui d’une plateforme d’apprentissage intelligente intégrant de multiples fonctionnalités : consultation lexicale et conjugaison des verbes, explication assistée par l’IA, traduction automatique, entre autres. Dans ce contexte, plusieurs questions se posent : comment les étudiants chinois exploitent-ils ces différentes fonctionnalités ? Quelles pratiques d’usage peut-on observer ? Existe-t-il des lacunes ou des usages inadéquats ? Le cas échéant, comment les enseignants de français peuvent-ils accompagner ces pratiques et intégrer cet outil de manière pertinente dans leurs démarches pédagogiques ? Afin d’y répondre, nous avons mené une étude ancrée dans les cours de français 2e langue étrangère à l’université des études internationales de Shanghai (SISU). En nous appuyant sur le modèle TMR proposé par Véronique Laurens et en nous référant aux compétences et activités langagières définies par le CECRL, nous cherchons à exploiter le potentiel pédagogique de Frhelper dans l’enseignement-apprentissage du français langue étrangère. Cette recherche vise ainsi à explorer un modèle d’intégration des dictionnaires intelligents dans les salles de classe chinoises, dans le but d’en optimiser l’usage au service de l’acquisition du français.

Faced with the wide array of lexicographic resources now available in China – paper dictionaries, digital tools, mobile apps, AI-powered machine translators, and more – Frhelper has gradually established itself as the go-to tool for Chinese learners of French. Since its launch in 2004, it has evolved from a simple electronic dictionary into an intelligent learning platform that integrates multiple features: lexical look-up and verb conjugation, AI-assisted explanations, automatic translation, among others. Against this backdrop, several questions arise: How do Chinese students actually use these various features? What usage patterns can be observed? Are there any gaps or inappropriate uses? If so, how can French teachers support these practices and integrate the tool meaningfully into their pedagogical approaches? To address these questions, we conducted a study embedded in second-foreign-language French courses at the Shanghai International Studies University (SISU). Drawing on the TMR model proposed by Véronique Laurens and referring to the competencies and language activities defined by de CEFR, we seek to harness the pedagogical potential of Frhelper, the teaching and learning of French as a foreign language. This research thus aims to explore a model for integrating smart dictionaries into Chinese classroom, with the goal of optimizing their use in support of French language acquisition.

Outline

Text

Introduction

L’apprentissage d’une langue étrangère est inconcevable sans dictionnaire : celui-ci occupe une place indispensable tant dans le processus de réception que dans celui de production langagière. Dans les années 1990, les dictionnaires bilingues (français/chinois) destinés à l’apprentissage du français étaient peu nombreux sur le marché chinois et les dictionnaires monolingues français encore moins. Cette situation a beaucoup changé depuis la nouvelle ère, qui est marquée par un bond tant qualitatif que quantitatif des outils pour apprendre le français, y compris les dictionnaires. Mais avec ce changement apparaissent également plusieurs interrogations qui nous donnent à réfléchir : Quels sont les dictionnaires de français actuellement disponibles sur le marché chinois ? Quels outils les étudiants chinois privilégient-ils pour apprendre le français ? Comment les utilisent-ils ? Y a-t-il des marges d’amélioration qui peuvent leur être portées dans la pratique ? Comment les enseignants peuvent-ils faire pour mieux exploiter le potentiel de ces outils et accompagner plus efficacement les étudiants ? Autant de questions qui appellent nos réponses.

1. Quels dictionnaires de français langue étrangère en Chine ?

1.1. Aperçu général

Les dictionnaires de français langue étrangère sont aujourd’hui à la fois nombreux et variés sur le marché chinois, que ce soit les dictionnaires français-chinois, chinois-français ou monolingues de français. Rien que sur JD Books1, la plus grande librairie en ligne de Chine, on en trouve déjà plus de 1 000. Selon leur nombre d’entrées, ces dictionnaires sont classés en dictionnaire de poche (comme Petit dictionnaire français-chinois2…), de taille moyenne (comme Larousse Dictionnaire de la langue française avec explications bilingues3…), ou de grande taille (comme Grand dictionnaire chinois-français contemporain4…), pour ne citer que quelques exemples. Outre les dictionnaires de français dit « général », il existe également des dictionnaires de FOS, tels que Dictionnaire engineering et technique français-chinois5, Dictionnaire de l’économie, du commerce et de la finance6, etc.

Depuis le début du nouveau siècle, avec les progrès technologiques notamment l’émergence de l’intelligence artificielle, les dictionnaires de français ont vu leur support radicalement transformé : ils ne se présentent plus seulement sous forme de papier, mais aussi en version électronique, sur les sites Web ou en application mobile. Ces dernières années, grâce à l’essor de l’intelligence artificielle générative, plusieurs plateformes chinoise de l’IA – DeepSeek, Kimi, entre autres – proposent des services de traduction intelligente. Dans ce contexte, les dictionnaires réagissent de façon proactive, cherchant eux aussi à utiliser les technologies de l’IA pour renforcer leurs fonctionnalités.

Face à cette floraison et à cette diversité de dictionnaire de français sur le marché, les apprenants chinois du français n’ont que l’embarras du choix.

1.2. Frhelper, le dictionnaire préféré des apprenants chinois

En tant qu’enseignante à l’Université des Études internationales de Shanghai (SISU), nous dispensons des cours de français 2e langue étrangère à des étudiants spécialisés en langue et littérature anglaises. Ces derniers ont chaque semaine 4 heures (de 45 minutes chacune) de français et ceci pendant deux ans, soit au total de 288 heures de classe de français.

Afin de nous faire une idée exacte du type de dictionnaire de français langue étrangère privilégié par les apprenants débutants, nous avons mené une enquête auprès de nos étudiants en première année de français 2e langue étrangère. Deux semaines après le début de leur apprentissage du français, nous leur avons proposé, via l’application Wenjuanxin7, un questionnaire à choix multiples en leur demandant de préciser les types d’outils de références qu’ils utilisent pour consulter le vocabulaire du manuel (dictionnaires en papier, dictionnaires électroniques, dictionnaires en ligne/applications ou outils de traduction de l’IA), ainsi que leur nom. Parmi les 42 étudiants interrogés, 35 (soit 83,33 %) ont répondu qu’ils préfèrent « les dictionnaires en ligne ou les applis » et 18 ont précisé le nom de Frhelper (法语助手), une application de dictionnaire conçu principalement pour les locuteurs chinois qui apprennent le français.

Pour vérifier la persistance de cette préférence, nous avons mené une seconde enquête auprès de nos étudiants qui avaient déjà effectué au moins un an d’études de français 2e langue étrangère, toujours par le biais de l’application Wenjuanxing. Nous avons demandé à ces étudiants de répondre, d’une part, à une question à choix multiples portant sur les types de dictionnaire qu’ils utilisent principalement et d’autre part, à une question à choix unique portant sur l’outil qu’ils préfèrent parmi de nombreux dictionnaires en ligne ou applications. Sur les 65 étudiants enquêtés, 64 (soit 98,46 %) ont choisi « les dictionnaires en ligne ou les applications », tandis que 60 ont privilégié Frhelper.

Que ce soit au niveau débutant ou intermédiaire, les étudiants ont donné des réponses étonnement similaires : malgré un large éventail de choix de dictionnaire pour apprendre le français, ils font preuve d’une préférence particulière sur Frhelper, lequel surpasse de loin tous les autres dictionnaires concurrents, devenant ainsi leur outil de référence pour l’apprentissage du français.

2. Frhelper et son utilisation

2.1. Frhelper : histoire et fonctionnalité

Frhelper est la première application de dictionnaire de français que l’on trouve sur le marché chinois, spécialement dédiée aux apprenants chinois. Depuis sa sortie en 2004, elle n’a cessé de s’améliorer. Selon des critères techniques et fonctionnels, son évolution pourrait être divisée en trois périodes.

Première période (2004-2008) : dictionnaire sur PC

En 2004, la société shanghaïenne Logiciel Eudic8 a lancé Frhelper, application sur PC destinée aux apprenants chinois de français. Sous forme de dictionnaire électronique, Frhelper intègre plusieurs dictionnaires de français, dont le Dictionnaire français-chinois et chinois-français et le Larousse, résolvant ainsi les problèmes de lenteur de consultation et de faible portabilité, tous propres aux ouvrages imprimés. À l’époque, il a effectivement comblé un vide sur le marché chinois des dictionnaires de français.

Comme il a été signalé plus haut, Frhelper est d’abord apparue sous forme d’application sur PC. Les utilisateurs devaient télécharger le programme d’installation pour ensuite effectuer des recherches rapides grâce à une base de données locale. La même année, sa version web a été mise en ligne9, dispensant ainsi les apprenants de l’effort et du temps liés au téléchargement et à l’installation du programme dédié, tout en leur offrant une expérience de consultation plus pratique et plus rapide.

Durant cette période, Frhelper avait pour fonctionnalité essentielle la consultation lexicale, en proposant notamment des dictionnaires de français, un service de recherche sur la conjugaison des verbes, ainsi qu’une banque d’exemples de phrases courantes. Dans une certaine mesure, l’apparition de Frhelper a remédié au manque de ressources numérique au début de l’ère Internet, faisant rapidement de lui un outil informatique indispensable pour de nombreux apprenants chinois de français.

Deuxième période (2009-2018) : kit d’apprentissage multi-terminal et multifonction

En 2009, Frhelper a lancé ses applications pour iPhone et Android, se positionnant ainsi parmi les premiers outils d’apprentissage du français disponibles sur smartphones. Compatible avec Windows/MacOS/iOS/Android/Windows Phone, il permet à l’utilisateur de se connecter depuis n’importe quel terminal et de synchroniser ses données dans le cloud. Parallèlement, ses fonctionnalités se sont nettement enrichies : à des fonctions traditionnelles telles que Prononciation du mot qui propose des exemples de prononciation, ou Mon carnet de vocabulaire (我的生词本) qui permet d’enregistrer des mots nouveaux en vue de révision ultérieure, s’ajoutent plusieurs nouvelles telles que Mémorisons le vocabulaire (背单词), Écoutons le français chaque jour (每日法语听力), etc. Depuis lors, Frhelper est passé d’une simple application de dictionnaire à une matrice d’apprentissage multi-terminal et multifonction, articulée autour des actions « consulter – écouter – noter – mémoriser – s’entraîner ».

Troisième période (2019-) : plateforme personnalisée assistée par l’IA

Avec l’introduction d’IA, Frhelper a réalisé une nouvelle transformation et vu son éventail de fonctions considérablement élargi. Tout d’abord, sa fonction de base – Consulter les mots nouveaux – a été renforcée : en plus des dictionnaires traditionnels français-chinois et chinois-français, il propose désormais de nouvelles ressources supplémentaires, comme Encyclopédies en français (法语百科参考), Synonymes, antonymes et mots associés (近义、反义、联想词), Banque d’exemples de phrases courantes en français (法语常用例句库), Exemples de phrases authentiques en français (法语原声例句), Explication de l’IA (AI解释), etc. Chaque terme peut être consulté de différentes façons par une multitude de canaux (dictionnaires, encyclopédies, IA), de supports (texte, audio, vidéo) et d’angles (synonyme, antonyme, mot associé, mot dérivé, paronymes, racine, étymologie).

Par ailleurs, grâce à la fonction Définition au survol (悬停释义), Frhelper rend possible une intégration profonde et une interopérabilité des données avec d’autres applications : lorsque l’utilisateur saisit un mot sur une autre plateforme avec la souris, une fenêtre contextuelle de Frhelper s’affiche, donnant directement sa définition et permettant d’ajouter ce mot à Mon carnet de vocabulaire, après quoi le mot peut être révisé dans différents modules tels que Mémorisons le vocabulaire, etc.

De plus, Frhelper propose de nombreux modules d’exercice comme Sujets des tests de français des années précédentes (法语历年真题题库), Traduction des textes (文本翻译), Interprétation simultanée (同声传译), Dialoguer avec l’IA (AI对话), Rédaction assistée par l’IA (AI写作). Quant à Écoutons le français chaque jour, il regroupe non seulement une riche collection de livres électroniques et d’abondantes ressources audio et vidéo en français (actualités, films et séries, discours), mais propose également différents cours de français en ligne, ce qui procure ainsi aux apprenants un large éventail de matériels pédagogiques et de diverses possibilités d’entraînement. Ces derniers peuvent choisir librement les modules d’exercices en fonction de leurs besoins et construire leur propre parcours d’apprentissage.

D’un simple dictionnaire sur PC à une matrice d’apprentissage multi-terminal et multifonction, Frhelper s’affirme aujourd’hui comme une plateforme personnalisée d’apprentissage du français.

2.2. Utilisation et insuffisances

Les enquêtes que nous avons menées auprès des étudiants de français 2e langue étrangère à SISU ont montré que tous – aussi bien débutants qu’intermédiaires – choisissent Frhelper comme outil d’apprentissage prioritaire. Mais, nous avons également constaté que la richesse et la puissance des fonctionnalités de cet outil ne sont pas encore pleinement exploitées par eux, ni leur apportent les bénéfices souhaités. Afin de comprendre comment les étudiants utilisent Frhelper pour apprendre le français, nous avons réalisé une troisième enquête par questionnaire. Cette enquête n’a pas été destinée aux étudiants de première année qui commencent tout juste leur apprentissage du français et n’utilisent que très peu l’outil, mais exclusivement à ceux qui ont déjà fait au moins un an d’études de français. Ces derniers ont été invités à répondre à deux questions : une première à choix multiples portant sur les fonctionnalités de Frhelper les plus utilisées et une seconde à choix unique visant à identifier la fonctionnalité jugée la plus utile. Cette enquête, qui a abouti à 89 réponses validées, a été complétée par des entretiens individuels auprès des répondants. Le résultat a révélé au moins trois caractéristiques en matière d’utilisation de Frhelper.

Exploitation limitée et superficielle des fonctionnalités

Parmi tous les modules fonctionnels de Frhelper, Consulter les mots nouveaux occupe une place absolument prépondérante : avec un taux d’utilisation à 100 %, il s’affirme comme étant indispensable pour tous les étudiants. Ce module est suivi de près par la Conjugaison des verbes (choisi par 76 étudiants, soit 85,40 % du total) et la Prononciation des mots (70 étudiants, 78,65 %). À part ces trois modules, Banque d’exemples de phrases courantes et Exemples de phrases authentiques en français ont été choisis par 31 étudiants (34,83 %), tandis que les autres modules fonctionnels n’ont été que très peu exploitées.

Ces chiffres nous montrent que, même si Frhelper a connu plusieurs mises à jour et une multiplication de fonctionnalités, il n’est pas encore mobilisé comme une « plateforme personnalisée », puisque la majorité des étudiants continue de le percevoir comme un simple outil de consultation, en se concentrant sur ses trois fonctions de base du dictionnaire : Consulter les mots nouveaux, Conjugaison des verbes et Prononciation des mots. Cette utilisation de Frherlper, assez superficielle, reflète une stratégie d’apprentissage unilatérale des étudiants et constitue un gaspillage des ressources offertes par l’application ; elle n’accompagne pas vraiment le développement global des compétences linguistiques des étudiants.

Dépendance excessive à la traduction chinoise

Le module Consulter les mots nouveaux est utilisé par tous les étudiants pour trouver la signification en chinois des mots nouveaux. Pourtant, les entretiens avec nos étudiants ont révélé que ces derniers ont tendance, après avoir compris la signification d’un tel ou tel mot, à l’appliquer directement dans les phrases qu’ils construisent, sans tenir compte du contexte ni des règles syntaxiques (celles concernant l’accord, la conjugaison, la préposition, par exemple). Cette dépendance excessive à la traduction chinoise du mot nouveau conduit la majorité des étudiants à négliger entièrement, ou presque, les informations lexicales apportées par d’autres modules de Frherlper, tels que Banque d’exemples de phrases courantes, Exemples de phrases authentiques en français, Explication de l’IA, Synonymes, antonymes et mots associés, etc., alors que ces modules veillent à présenter les exemples en contexte, selon les habitudes de collocation, en faisant des distinctions entre synonymes, registres de langue ou contraintes grammaticales… Cette utilisation réduite de l’outil ne favorise pas la maîtrise des nuances des mots, ni la compréhension des significations pertinentes des termes et encore moins quand ces derniers sont polysémiques ou dans un contexte spécifique.

Préférence pour l’accès immédiat au savoir sans véritable processus d’appropriation

Les entretiens individuels avec les étudiants nous ont permis de connaître la manière dont ils utilisent Frherlper ainsi que leur opinion sur cet outil. Ainsi, après avoir trouvé la signification d’un mot nouveau ou la conjugaison d’un verbe inconnu, ils ont tendance à les ajouter tout de suite dans Mon carnet de vocabulaire, signe que « J’ai déjà appris ». Cependant, faute d’exercices de systématisation, ils ne maîtrisent pas les mots ou les verbes en question, ce qui fait que la liste des mots « appris » ne cesse de s’allonger, mais le nombre de mots réellement acquis reste toujours limité, aggravant ainsi leur anxiété dans l’apprentissage. De même, quand ils écoutent et répètent à haute voix la prononciation sur Frherlper, ils se contentent d’imiter passivement, sans penser aux règles de prononciation ni à la capacité autonome de prononcer. Leur exploitation des fonctions de Frherlper s’avère d’autant plus limitée qu’ils accordent de l’importance plutôt à « consulter » qu’à « s’entraîner », ce qui est pourtant essentielle pour consolider les connaissances nouvellement acquises et développer réellement des compétences linguistiques.

En bref, Frhelper aurait pu être une plateforme de l’apprentissage du français intelligente et couvrant l’ensemble du processus d’apprentissage structuré. Bien qu’il propose de nombreuses fonctionnalités, les usagers ne perçoivent pas l’intégralité du potentiel de l’outil. En l’état actuel, les étudiants n’y voient encore qu’un simple « dictionnaire électronique ». Pour cette raison, il appartient à nous, enseignants, de construire des activités afin de faire évoluer leurs représentations et de développer leur autonomie de sorte qu’ils puissent tirer pleinement profit de cet outil dans leur progression en français.

3. Frhelper et son utilisation en classe de FLE

Selon Véronique Laurens, la conception d’une unité didactique en s’appuyant sur l’outil TMR (Trame Méthodique Repère) se fait en trois étapes et sept phases (Laurens, 2020, p. 221) :

Étape de réception, en trois phases (démarche globale interactive)

– anticipation
– compréhension globale
– compréhension détaillée

Étape de réflexion sur la langue, en deux phases (démarche inductive)

– repérage
– conceptualisation

Étape de production, en deux phases

– systématisation
– tâche

Nous nous sommes appuyée sur les trois étapes du TMR de Laurens pour construire des cours de français langue étrangère et exploiter Frherlper.

3.1. Étape de réception

À cette étape, « la compréhension se construit progressivement du contenu vers l’inconnu, en s’appuyant sur les connaissances générales, les savoirs et savoir-faire langagiers des apprenants et leurs capacités d’inférence dans l’accès au sens » (Laurens, 2020, p. 225). Ce passage du connu à l’inconnu exige que l’apprenant mobilise toutes ses ressources linguistiques tout en activant les indices non verbaux, tels que titres, images, mise en page, illustrations…, et qu’il combine ces indices avec le contexte et l’imagination pour faire émerger un sens d’abord flou, puis de plus en plus net. Pourtant, au cours de leur apprentissage du français, les étudiants chinois se contentent souvent de comprendre chaque mot, sans tenir compte des informations non verbales ni du risque interprétatif. Ainsi se replient-ils sur le dictionnaire, qu’ils ouvrent immédiatement dès qu’apparaît un mot inconnu. La consultation systématique du dictionnaire interrompt la fluidité de la compréhension, morcelle la construction du sens en la réduisant en une suite d’analyses lexicales, et par conséquent, élimine la possibilité d’acquérir la langue d’une manière naturelle en contexte. De ce fait, l’activité de réception se trouve réduite à un simple exercice de consultation du dictionnaire.

Pour éviter que cela se passe en notre classe de français, lors de la phase d’« anticipation », nous interdisons aux étudiants l’usage du dictionnaire afin de les encourager à mobiliser les inférences discursives et culturelles. En effet, Caddéo et Jamet (2013) ont raison de souligner dans leur œuvre sur l’intercompréhension que « Comprendre un texte, c’est construire une représentation qui prend appui sur les caractéristiques du texte (thème, cohérence, genre, etc.) et sur d’autres éléments de la connaissance qui relèvent des savoirs sur le monde (connaissances encyclopédiques, culturelles, etc.) » (p. 76). C’est pourquoi dans la phase d’« anticipation », nous faisons exprès de priver nos étudiants de dictionnaires afin de les pousser à compter sur ce qu’ils voient – titres, images, mise en page, illustrations – et ce qu’ils savent déjà, et de les orienter à formuler des hypothèses sur le sens du texte. Pour ce faire, nous avons conçu une série d’exercices et d’activités progressives visant à développer des stratégies de lecture : l’exploitation du contexte, l’analyse des indices visuels, ou encore l’utilisation de la typographie et de la mise en page comme aides à la compréhension… À travers ces activités, les étudiants apprennent petit à petit à mobiliser leurs savoirs préalables et de façon efficace.

Lors de la phase « compréhension globale », l’utilisation de Frhelper n’est pas interdite, mais quand même limitée. Ceci parce que si la reconnaissance du lexique est un enjeu majeur de la compréhension, notre objectif pédagogique ne consiste pas à inciter les étudiants à consulter systématiquement le dictionnaire, mais plutôt à leur apprendre à évaluer l’importance relative des mots pour la compréhension et à solliciter l’outil lexicographique de manière sélective. En même temps, nous souhaitons aussi sensibiliser les apprenants aux transferts positifs entre l’anglais et le français et exploiter au maximum l’intercompréhension entre les langues voisines pour faciliter la lecture. Dans cette perspective, nous commençons par faire distinguer aux apprenants les mots vides (articles, prépositions, conjonctions) des mots pleins (noms, verbes, adjectif) (Lehmann & Martin-Berth, 2008). Nous les invitons ensuite à se concentre sur les mots pleins et à s’appuyer sur les « transparences lexicales entre langues voisines » (Castagne, 2007) pour en déduire le sens. S’agissant des mots pleins qui posent vraiment des obstacles à la compréhension générale du texte, nous autorisons les étudiants à en identifier au maximum trois qu’ils jugent comme mots-clés et à en trouver la signification en consultant le Frhelper. Ainsi, en s’appuyant sur les informations recueillies dans le Frhelper mais aussi sur celles qu’ils ont déduites grâce aux transparences lexicales, ils vérifient les hypothèses de sens formulées lors de la phase précédente, corrigent et affinent leur compréhension sur le thème et la structure du texte. Frhelper devient ainsi un outil pour valider des hypothèses et surmonter des obstacles majeurs. Cette démarche favorise plusieurs compétences complémentaires : la capacité à discriminer les mots pleins et les mots vides ; la faculté de reconnaître, derrière des termes étrangers inconnus, des mots familiers en identifiant les règles de passage interlinguistique ; l’aptitude à saisir l’essentiel du contenu grâce au contexte en mettant de côté les éléments secondaires ; et ainsi de suite. Au terme de ce processus, nous proposons également aux étudiants l’importance d’accepter une compréhension approximative et de tolérer l’ambiguïté dans la lecture. Ces compétences sont souvent absentes chez les apprenants chinois lorsqu’ils utilisent des dictionnaires, alors qu’elles leur sont indispensables.

Lors de la phase de « compréhension détaillée », nous essayons de guider les étudiants vers une utilisation raisonnée de Frherlper. Premièrement, ils ne doivent pas se contenter d’une simple traduction chinoise, mais s’appuyer sur les définitions et les exemples d’usages proposés par l’outil, tout en tenant compte du contexte et des collocations pour saisir le sens véritable du mot. Deuxièmement, en exploitant les fonctionnalités comme Synonymes, antonymes et mots associés ou Explication de l’IA, nous orientons les étudiants vers une approche lexicologique dans leur apprentissage du vocabulaire. Nous leur recommandons d’utiliser activement le module Mes notes personnelles, dans lequel ils sont invités à ajouter des mots, mais avec la phrase originale tout entière, c’est-à-dire accompagnée des termes et des locutions clés qui les entourent. De cette manière, les étudiants évitent une mémorisation isolée et comprennent qu’un mot ne doit pas être séparé de sa source, ni d’une phrase, ni d’un contexte. Progressivement l’apprentissage et l’acquisition du vocabulaire se transforment, passant d’une simple mémorisation de listes de mots à une maîtrise systématique de connaissances contextualisées.

3.2. Étape de réflexion sur la langue

Cette étape de traitement de la langue – qui comprend deux phases à savoir repérage et conceptualisation – s’inscrit dans « une démarche inductive explicite du travail sur le fonctionnement linguistique, dans le cadre d’une conception sémantique de la grammaire » (Charaudeau, 1992 ; De Salins, 1996, cité dans Laurens, 2020, p. 232). La réflexion sur la langue procède donc de l’observation de la langue elle-même.

Ainsi, en classe, les étudiants observent d’abord sous notre guidance les extraits du texte proposés, ce qui leur permet de se constituer un premier corpus d’exemples. Sur cette base, ils formulent des hypothèses préliminaires concernant la règle sous-jacente. Ils sont invités ensuite à exploiter la richesse de Banque d’exemples de phrases courantes en français : en y recherchant des énoncés similaires, ils affinent leur observation, comparent, classent et synthétisent les données, ce qui leur permet de vérifier et de préciser leurs hypothèses. Par la suite, ils sont autorisés à consulter le module Grammaire française (法语语法), où ils trouvent des explications systématiques et claires en chinois. Cette consultation leur permet de confronter leurs propres déductions aux descriptions normatives, achevant ainsi la validation de leur raisonnement. Enfin, les étudiants sont incités à consigner, dans Mes notes personnelles (我的笔记), la règle ainsi établie et une sélection d’exemples particulièrement représentatifs et faciles à comprendre. Ces notes, contextualisées et personnalisées, pourront ensuite servir à la révision et à la consolidation des acquis.

Dans cette démarche d’apprentissage grammatical, Frherlper ne se limite pas à son rôle d’outil de consultation passive, il devient un support actif dans un parcours d’apprentissage inductif. Il sert à la fois de corpus fournissant de nombreux exemples authentiques et de références grammaticales fiables. Les étudiants sont amenés à explorer et à découvrir eux-mêmes les règles, puis à les valider à l’aide de cette ressource enrichissante procurée par Frhelper. Ce processus leur permet non seulement d’acquérir une méthode autonome pour investiguer et vérifier les régularités de la langue, mais aussi de développer un sentiment de satisfaction et de sécurité dans l’apprentissage, favorisant ainsi l’autonomie et la construction raisonnée du savoir grammatical.

3.3. Étape de production

L’étape de production correspond « au temps de l’entraînement dans le but de contribuer à la mémorisation des manières de dire ou d’écrire » (Laurens, 2020, p. 238). Après avoir cherché, vérifié et compris une règle, les étudiants ont en effet besoin de s’exercer pour se l’approprier durablement. Cette étape requiert la mise en place d’exercices variés, d’activités et de tâches ciblées. Or, si les apprenants sont souvent conscients de cette nécessité, au point de chercher par eux-mêmes des exercices supplémentaires, ils négligent fréquemment les ressources d’entraînement que peut offrir l’outil qu’ils utilisent pourtant quotidiennement. Nous leur avons proposé quelques pistes d’exploitation.

Outils pour renforcer l’entraînement phonétique et intonatif

En combinant le moteur de synthèse vocale (Text-to-Speech) et les prononciations humaines dans Banque d’exemples de phrases courantes en français et Exemples de phrases authentiques en français, Frhelper offre aux apprenants la possibilité de s’entraîner de manière intensive et personnalisée en dehors de la classe.

Le moteur de synthèse vocale transforme le texte français en parole artificielle. Bien que parfois légèrement mécanique, cette voix est claire, stable et normative, ce qui la rend idéale pour les débutants. Nous recommandons toutefois à nos étudiants de ne pas l’utiliser comme simple modèle à imiter, mais plutôt comme référence pour auto-évaluer leur prononciation : ils doivent d’abord essayer de lire le mot suivant les règles phonétiques apprises en classe. La fonction Écoutez et répétez(跟读) permet d’enregistrer la prononciation des étudiants, de la noter et d’en identifier les insuffisances, indiquant ainsi des pistes concrètes pour s’améliorer. Cela réduit considérablement la charge de l’enseignant tout en fournissant aux étudiants un outil simple et efficace pour travailler leur prononciation de manière autonome. Au fur et à mesure de l’apprentissage, ces exercices peuvent s’étendre des mots aux groupes rythmiques, puis aux phrases voire aux paragraphes entiers, permettant ainsi d’intégrer progressivement les règles fondamentales de phonétique, d’intonation et de rythme.

Si la synthèse vocale permet de prononcer correctement, les prononciations humaines proposées dans Banque d’exemples de phrases courantes en français et Exemples de phrases authentiques en français aident à atteindre un niveau naturel et authentique de prononciation. Ces deux modules contiennent une variété d’enregistrements issus de locuteurs différents (femme/homme, enfant/adulte, Français/Canadien…) et des scénarios divers (conversation, film, opéra, journal…). On y trouve des liaisons, des enchaînements et des élisions tout à fait naturels, qui illustrent comment les groupes rythmiques se forment dans la parole spontanée. Ces échantillons montrent également comment l’intonation exprime des émotions, des attitudes ou des sous-entendus, offrant ainsi aux étudiants des modèles de paroles authentiques à imiter et à assimiler. D’ailleurs, il est intéressant de signaler qu’en pratique, Frhelper permet une écoute à vitesse normale ou au ralenti. Cette fonction facilite énormément la comparaison et l’imitation.

L’articulation entre la voix synthétique et les prononciations humaines constitue un parcours complet d’entraînement, permettant aux étudiants de passer d’une correction mécanique à une expression orale vivante et adaptée.

Système d’exercices lexicaux multidimensionnels

Dans les étapes de compréhension et de traitement de la langue, Mon carnet de vocabulaire et Mes notes personnelles non seulement permettent aux étudiants d’enregistrer des mots, des exemples et des règles grammaticales, mais encore offrent un soutien solide pour les exercices de systématisation ultérieurs.

Tout d’abord, Lecture en boucle (单词播放) couplée à Mon carnet de vocabulaire permet une diffusion orale continue de l’ensemble des mots enregistrés, accompagnés de leur traduction chinoise et d’exemples représentatifs. Ainsi les étudiants peuvent écouter et réécouter les mots par fragments de temps, et construire progressivement dans leur esprit une image auditive du lexique, tout en établissant un premier lien entre le signifiant et le signifié.

Ensuite, Mémorisons le vocabulaire/Pointage quotidien (打卡) s’appuient sur le contenu de Mon carnet de vocabulaire pour générer automatiquement des exercices divers, tels que dictées, trous à remplir, QCM…, visant notamment l’orthographe, la signification et la conjugaison. Les étudiants sont invités à réviser quotidiennement ce qu’ils ont appris et à évaluer eux-mêmes leur maîtrise de chaque mot. Sur la base de cette auto-évaluation et des résultats des exercices, Frhelper ajuste automatiquement les révisions ultérieures des étudiants, pour consolider leurs acquis et combler leurs lacunes.

Banque d’exemples de phrases courantes en français et Exemples de phrases authentiques en français, riches et variées, jouent le rôle de constructeur de contexte. Les deux modules donnent vie aux mots isolés en les plaçant dans des phrases authentiques, montrant ainsi aux apprenants leur fonctionnement réel, leurs combinaisons typiques, leurs usages et leurs nuances sémantiques. Ce passage est essentiel pour les apprenants dans leur transformation de la compréhension passive en capacité de l’utilisation active.

Les étudiants peuvent aussi exploiter Sujets des tests de français des années précédentes, où se trouvent des exercices tirés des tests reconnus tels que TCF, TFU-4 (Test national de français niveau 4 pour les étudiants universitaires), etc. Ces différentes épreuves – lexique ou syntaxique, écrite ou orale – sont une étape supplémentaire vers la consolidation.

Enfin, Écoutons le français chaque jour, immense réservoir de documents audio et vidéo, permet de mettre à l’épreuve, dans un matériau linguistique réel, tout ce qui a été travaillé dans les trois modules précédents : prononciation, saisie du sens et emploi des mots. Dans des contextes variés et naturels, les étudiants s’exercent activement à reconnaître, à extraire et à comprendre, se rapprochant ainsi pas à pas de l’objectif ultime de l’apprentissage : transformer les connaissances lexicales en une compétence linguistique immédiatement mobilisable.

Aides ponctuelles pour la compréhension écrite

Outre les manuels, nous encourageons nos étudiants à lire en français authentique. Cependant, ces derniers nourrissent depuis longtemps une idée erronée de la lecture selon laquelle chaque mot inconnu impose une consultation du dictionnaire ce qui interrompt la chaîne de compréhension, ralentit la lecture et décourage le lecteur.

Avec Définition au survol et Définition par surlignement, la traduction automatique des unités choisies Frhelper a changé l’expérience de lecture : il suffit de poser la souris sur le mot ou le passage inconnu pour qu’une fenêtre s’ouvre tout de suite, dans laquelle s’affiche la définition ou une traduction de l’IA. Ceci facilite largement la compréhension et fluidifie la lecture, notamment pour les débutants qui se laissent facilement effrayer par le moindre dépassement lexical. Ainsi, ils découvrent le mot dans son contexte, l’assimilent mieux et goûtent au plaisir d’une lecture authentique. Leur confiance et la valeur qu’ils attribuent à l’apprentissage du français se trouvent renforcées.

Bien entendu, un usage systématique de ces fonctions risque d’atrophier la mémoire. Nous encadrons donc les stratégies de lecture et demandons à nos étudiants de les respecter : ne survoler/surligner que les mots clés bloquants ; formuler une hypothèse de sens avant toute consultation ; vérifier ensuite au survol/surlignement, en un clic ; archiver les items essentiels dans Mon carbet de vocabulaire ou Mes notes personnelles pour une révision ultérieure.

Aide intelligente pour la production langagière

L’IA ne se contente plus d’aider à l’input ou à la compréhension : elle permet désormais aux apprenants de produire du français. Traduction des textes (文本翻译) de l’IA de Frhelper dépasse la simple équivalence mot-à-mot ; le traducteur intelligent génère des formulations idiomatiques en tenant compte du contexte. Grâce à des partenariats avec Microsoft Translator, Tencent Interactive Translation, Eudic AI, etc., Frhelper est capable d’afficher plusieurs versions de traduction sur une même page. Les étudiants n’ont plus une réponse unique, mais un panel de propositions qu’ils confrontent à leur propre version. Selon la situation communicative et ses besoins spécifiques, ils choisissent, adaptent ou fusionnent les solutions en réfléchissant de manière critique. Ce travail comparé nourrit leur réflexion linguistique et leur fait mieux percevoir les divergences de pensée et de culture qui distinguent le chinois du français.

Rédaction assistée par l’IA ne se limite pas non plus à signaler les fautes : il explique la règle grammaticale et suggère, en temps réel, des améliorations. Cette rétroaction immédiate ferme la boucle « erreur – explication – optimisation – acquisition ».

Dialoguer avec l’IA offre aux étudiants un interlocuteur à compétence illimitée. À tout moment, ils peuvent lancer une conversation dans des scénarios prédéfinis (« se présenter », « parler du temps », « décrire ses loisirs », « présenter sa famille », etc.). L’IA transcrit la réponse orale, évalue la prononciation, corrige le texte, reformule de façon naturelle et propose la lecture audio correspondant. Face à un interlocuteur comme l’IA, les étudiants osent expérimenter, corriger aussitôt et gagner en fluidité sans jugement. Ils se préparent ainsi, techniquement et psychologiquement, au dialogue avec de vrais francophones.

La génération contextuelle, le feedback explicatif et l’interaction personnalisée de l’IA transforment les exercices isolés de l’étape de systématisation en une séquence cohérente de tâches de production, propulsant l’apprentissage du français vers une véritable compétence communicative.

Conclusion

Après une vingtaine d’années de développement, Frhelper est devenu une plateforme intelligente capable de structurer un parcours d’apprentissage complet. À SISU, il s’impose comme un outil lexicographique quasi indispensable pour les étudiants de français. Mais avec l’usage lacunaire qu’en font les étudiants de français 2e langue étrangère à SISU, son potentiel pédagogique est loin d’être pleinement valorisé. C’est pourquoi, en nous appuyant sur le modèle TMR de Véronique Laurens, nous avons essayé d’intégrer Frhelper dans nos cours de français, depuis l’étape de réception jusqu’à celle de production, en passant par celle de réflexion sur la langue. Notre objectif est double : montrer aux étudiants les multiples possibilités qu’offre Frhelper dans un cadre d’apprentissage structuré et les former à une utilisation personnalisée et autonome, adaptée à leurs besoins spécifiques. Après seulement un semestre d’expérimentation, il serait encore trop tôt de conclure sur son impact. C’est la raison pour laquelle nous envisageons de poursuivre ce travail dans les années à venir, avec l’intention d’affiner la démarche pédagogique et d’optimiser l’utilisation des ressources numérique de Frhelper, de façon à ce que l’IA accompagne un apprentissage plus efficace et plus conscient de la langue française.

Bibliography

Caddéo, S. & Jamet, M.-Ch. (2013). L’intercompréhension : une autre approche pour l’enseignement des langues. Hachette.

Castagne, E. (2007). Transparences lexicales entre langues voisines. Dans E. Castagne, (dir.), Les enjeux de l’intercompréhension (p. 155-166). Epure.

Laurens, V. (2020). Le français langue étrangère, entre formation et pratiques – Construction de savoirs d’ingénierie didactique. Didier.

Lehmann, A. & Mertin-Berthet, F. (2008). Introduction à la lexicologie. Armand Colin.

Appendix

Liste des titres des modules de Frhelper

  • Banque d’exemples de phrases courantes en français (法语常用例句库)
  • Conjugaisons (变位)
  • Définition au survol (悬停释义)
  • Dialoguer avec l’IA (AI对话)
  • Dictionnaire bilingue français-chinois (法汉词典)
  • Dictionnaire bilingue chinois-français (汉法词典)
  • Dictionnaire bilingue français-anglais (法英词典)
  • Dictionnaire de définitions françaises (法法词典)
  • Écoutez et répétez (跟读)
  • Écoutons le français chaque jour (每日法语听力)
  • Encyclopédies en français (法语百科参考)
  • Exemples de phrases authentiques en français (法语原声例句)
  • Explication de l’IA (AI解释)
  • Interprétation simultanée (同声传译)
  • Lecture en boucle (单词播放)
  • Mon carnet de vocabulaire (我的生词本)
  • Mémorisons le vocabulaire (背单词)
  • Mes notes personnelles (我的笔记)
  • Pointage quotidien (打卡)
  • Rédaction assistée par l’IA (AI写作)
  • Synonymes, antonymes et mots associés (近义、反义、联想词)
  • Sujets des tests de français des années précédentes (法语历年真题题库)
  • Traduction des textes (文本翻译)

Notes

1 https://www.jd.com. Return to text

2 Li, X.-Q. (2014). Petit dictionnaire français-chinois (法汉小词典). Commercial Press. Return to text

3 Xue, J.-Ch. (2001). Larousse Dictionnaire de la langue française avec explications bilingues (拉鲁斯法汉双解词典). Foreign Language Teaching et Research Press. Return to text

4 Huang, J.-H. (2016). Grand dictionnaire chinois-français contemporain (汉法大词典). Foreign Language Teaching et Research Press. Return to text

5 Li, Zh.-Y. (2013). Dictionnaire engineering et technique français-chinois (法汉工程技术词典). China Electric Power Press. Return to text

6 Wang, J.-R. (2012). Dictionnaire de l’économie, du commerce et de la finance (法汉经贸金融词典). Commercial Press. Return to text

7 Plateforme chinoise dédiée aux enquêtes par questionnaire : https://www.wjx.cn/. Return to text

8 https://www.eudic.net/v4/en/home/profile. Return to text

9 https://www.frdic.com/. Return to text

References

Bibliographical reference

Qin Li, « Frhelper comme nouvel outil de l’enseignement/apprentissage du FLE en Chine », Didactique du FLES, 5:1 | 2026, 55-69.

Electronic reference

Qin Li, « Frhelper comme nouvel outil de l’enseignement/apprentissage du FLE en Chine », Didactique du FLES [Online], 5:1 | 2026, Online since 10 juillet 2026, connection on 17 juillet 2026. URL : https://www.ouvroir.fr/dfles/index.php?id=1849

Author

Qin Li

Docteure ès lettres (cotutelle de l’université Sorbonne nouvelle Paris III et de l’université des études internationales de Shanghai), spécialité « Didactique des langues, cultures et civilisations nationales et étrangères » et « Langue et littérature françaises ». Actuellement professeure de langue et littérature françaises à l’université des études internationales de Shanghai (Chine), elle a publié plusieurs travaux de recherches sur l’enseignement du français langue étrangère en Chine et des traductions d’œuvres littéraires françaises en chinois.

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